Le Rassemblement pour la culture et la démocratie RCD estime que la solution à la crise de «légitimité» réside dans «un processus constituant souverain conduit par des instances de transition crédibles». Dans un communiqué publié hier, le RCD dresse un bilan sans concession de l’actuelle gouvernance lui imputant d’avoir fait «encore une fois le mauvais choix de vouloir mettre à profit la suspension des manifestations publiques pour cause de pandémie afin d’accentuer la traque des militants politiques et des activistes du Hirak». Pour le RCD, «le résultat est sans ambages, il a perdu sur tous les tableaux». «La ligne liberticide assumée et, chaque jour mise en œuvre, met à mal les quelques opérations de ralliements et/ou de come-back initiées par une police politique largement décrédibilisée par une corruption endémique qui a épargné très peu de cadres et de clients du système», accuse le RCD dans son communiqué. Pour le RCD «de tels agissements n’ont fait qu’enhardir, encore plus, les populations et les militants politiques dans leur engagement à en finir avec un système qui fait peu de cas de la pérennité de la Nation et de son unité». Le RCD dit ne tirer «aucune satisfaction de cette situation qui peut conduire à l’irréparable devant tant de désinvolture de la part d’un personnel dirigeant qui a saigné le pays». Rappelant les évènements en Kabylie en 2001, le RCD dira : «Il y a près de vingt ans, la tragédie du Printemps noir de 2001 a emporté 126 jeunes en Kabylie et causé des dizaines de handicapés et de traumatisés à vie. Elle n’était pas le résultat d’un concours d’événements ou de circonstances particulières.» «Dans un Etat de droit, c’est aux dirigeants élus démocratiquement et, donc comptables devant le peuple, qu’échoient toutes les décisions y compris celle d’user de la force», affirme le RCD qui dénonce au passage «l’assassinat du jeune Ayoub Agh Adji lors de la manifestation pacifique de Tin Zaouatine, organisée pour dénoncer les conditions de vie exécrables des populations de la localité et de nombreuses autres localités du Grand-Sud». Au sujet de la situation sociale et économique, le RCD alerte «sur l’explosion du chômage et la baisse dramatique du pouvoir d’achat de larges couches de la population». «Dans ce registre, les incantations hors temps, les autoglorifications mal venues, l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire ou encore l’emploi de la politique de diviser pour régner» ne peuvent apporter de solutions mais plutôt «sont un danger pour la pérennité de l’Etat».
R. N.