A trois mois du congrès du parti, le sixième du genre, et à l’ordre du jour duquel figure essentiellement l’élection d’un nouveau président en succession à Mohcine Belabbas, l’ancien député Atmane Mazouz a annoncé, hier, sa candidature pour diriger le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD).

PAR NAZIM B.
Il s’agit là de la première déclaration de candidature qui peut être suivie par d’autres, dans la mesure où l’on fait état dans les coulisses du RCD de l’intention de militants à briguer le poste de président du parti dirigé par Saïd Sadi, à sa création en 1989, jusqu’à 2012 et auquel avait succédé Mohcine Belabbas. Les deux autres potentielles candidatures que l’on avance dans les milieux du RCD sont celles de Mourad Biatour et Ouamar Saoudi, deux membres de la direction du parti dont les différentes structures s’attellent à achever les préparatifs du congrès, prévu début juin prochain, et à l’issue duquel le parti aura un nouveau président.
A l’évidence, l’annonce de la candidature de l’ancien député de Béjaïa ne manquera pas de donner un coup d’accélérateur, voire du «punch», à cet enjeu de la succession à la présidence du parti dont les ambitions ne se sont exprimées que timidement depuis la décision de retrait du président actuel. «Vous êtes nombreuses et nombreux parmi le collectif militant et l’encadrement du parti, dans mon entourage et parmi les sympathisants, à m’inviter à postuler à la présidence du RCD. J’ai longuement réfléchi à une mission aussi lourde. Ma conviction me dicte de ne pas fuir ma responsabilité pour être utile en ces moments difficiles, mais décisifs pour notre pays. Je me porte candidat pour la présidence du RCD», a indiqué Atmane Mazouz dans une lettre aux militants diffusée sur Facebook ce lundi 4 avril. «Enfant du parti dès sa création, élu à deux reprises, confiant dans l’avenir du Rassemblement et convaincu qu’un militant formé dans et par le parti ne peut, en ces moments difficiles, s’exonérer d’un engagement à continuer la lutte, j’ai fait le choix de poursuivre avec vous le combat pour les idéaux et le projet que nous partageons et d’honorer les nombreux sacrifices des nôtres», a ajouté le responsable âgé de 52 ans.
«Que vous soyez militants de la première heure ou nouvellement adhérent, votre engagement est plus que jamais nécessaire et précieux pour poursuivre les conquêtes et se porter aux côtés des militants et des citoyens dans le combat pour la dignité, la liberté et la souveraineté du peuple algérien», a souligné M. Mazouz dans sa lettre. Ce dernier a estimé nécessaire d’investir prioritairement «dans la jeunesse et le combat pour l’égalité en droits pour redonner espoir et démontrer que la fatalité n’est possible que par le silence et les démissions».
Il a ajouté dans sa lettre que c’est le destin du parti qui se joue à l’occasion de ce futur congrès, considérant que c’est dans «ces temps de difficultés grandissantes pour nombre de nos compatriotes et de terreur quotidienne, que le RCD doit continuer à renforcer son autonomie et à agir pour bâtir un parti fort, ouvert et rassembleur, capable de peser sur le cours des évènements». «Ma conviction est que seul le débat d’idées le plus libre dans ce congrès et dans toute la vie du parti est à même de donner la force à notre Rassemblement et la légitimité nécessaire pour le fonctionnement démocratique de nos structures», a-t-il relevé.
Il faut rappeler que Mohcine Belabbas a annoncé, en mars 2021, sa décision de ne pas briguer un nouveau mandat à la tête du parti. «Pour ma part, pour mettre tous les militants au même niveau d’information et quels que soient les modes d’organisation que le congrès adoptera, il est de mon devoir d’annoncer aujourd’hui devant notre instance dirigeante entre deux congrès que je ne serai pas candidat à la direction du parti lors de ce 6ᵉ congrès», avait-il déclaré. n