Engagé dans la course à la députation, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a déjà ficelé sa feuille de route parlementaire post-législatives, dans l’attente qu’il en soit de même pour sa liste des candidats.

Publié hier par le président du parti Mohcine Belabbas sur son mur Facebook, le programme de campagne – et donc d’action parlementaire – promet un nouveau départ économique, pavé de mesures qui n’ont rien pour déplaire, du moins sur le papier. Au ton volontariste, le RCD parle de « mesures immédiates » à proposer dès que ses députés siégeront à l’Hémicycle. Elles commenceront par la fiscalité. Il veut mettre en œuvre un programme de numérisation de l’administration fiscale et la doter de moyens humains à la mesure de son rôle économique, élargir l’assiette fiscale à la place de l’accroissement de la pression fiscale sur les seuls contribuables loyaux, à commencer par la suppression des dérogations d’exonération fiscale – 490 dérogations recensés par la Cour des comptes dans son rapport de 2013, soumettre les sociétés et les professions libérales au régime du réel et n’assujettir à l’impôt forfaitaire unique (IFU) que les petits contribuables (épiciers, artisans…), supprimer l’indexation des primes de l’administration fiscale aux montants des redressements fiscaux des contribuables et amorcer une fiscalité écologique comme premier palier d’une réforme fiscale globale qui favorise la protection de l’environnement et la construction d’une véritable industrie dans les matières premières secondaires par la valorisation et le recyclage.
C’est ambitieux, mais bien moins par rapport à ce qu’il réserve au fonctionnement de l’Etat ! Dans ce chapitre, le parti propose de réduire le nombre de départements ministériels à 15 avec la reconduction du même organigramme dans les démembrements actuels de l’administration centrale, non sans promettre des économies importantes qu’il ira rechercher dans la réduction du train de vie de l’Etat avec ses nombreux comptes spéciaux. Sa feuille de route s’étend même au secteur financier et bancaire, car le RCD promet de travailler dans le sens d’octroyer une autonomie de gestion à la Banque d’Algérie afin de réguler les flux monétaires en faveur de la croissance-développement et de bannir les pratiques des privilèges, avec l’idée que ses dirigeants seront nommés pour un mandat irrévocable de six ans.
Et de défendre la convertibilité à terme du dinar, expliquant que l’option actuelle de limiter les transferts vers l’extérieur ne pouvait que se solder par un blocage des transferts vers l’économie nationale et par l’augmentation des transferts illicites d’argent. Toujours dans le domaine financier, l’élaboration des lois de finances par la distribution de la rente sera bannie. «Il ne sera plus question d’élaborer une loi de finances à partir des demandes des wilayas et des ministères dépensiers, mais sur la base d’objectifs à caractère culturel, social, économique et sécuritaire en rapport avec un projet de société clairement défini et accepté après un débat libre et transparent », plaide le RCD. Enfin, à ses yeux, augmenter les recettes budgétaires ordinaires du pays passe par la récupération des restes à recouvrer dans l’impôt, de l’ordre de quelque 7 000 milliards de dinars selon les récents chiffres de la DGI.