Atmane Mazouz est, depuis hier, le nouveau président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) succédant à Mohcine Belabbas, qui a remis son mandat après dix ans à la tête du parti.

PAR NAZIM BRAHIMI
«Nouvelle direction pour un mandat de la continuité», ont affirmé de nombreuses voix du RCD qui ont pris part aux travaux du congrès, abrité par le siège de la Mutuelle des matériaux de construction de Zéralda. C’est le fait saillant du 6e congrès du RCD, entamé vendredi en présence de 674 congressistes et de nombreux invités, représentant notamment des entités partisanes et des collectifs associatifs du courant démocratique.
Atmane Mazouz, âgé de 52 ans et ancien député du parti, devient ainsi président du RCD en gagnant la confiance de 374 congressistes contre 300 voix pour son concurrent, Mourad Biatour, jeune de 35 ans et cadre du parti. «Je remercie Mohcine Belabbas, avec qui j’ai partagé une trentaine d’années de luttes au sein du parti. On a fait un long chemin ensemble. Je ne peux que lui être reconnaissant. Je tiens aussi à remercier le candidat Mourad Biatour», a déclaré le nouveau président du RCD à l’issue de son élection, qui marque l’arrivée d’un troisième président après la période de Saïd Sadi (1989-2012) et de Mohcine Belabbas (2012-2022). «Il faut que la forteresse RCD soit inébranlable. Elle sera inébranlable grâce à vous tous», a lancé Atmane Mazouz à l’adresse des congressistes après le vote qui le propulse à la tête de sa formation politique après avoir gravi les échelons en étant député à deux reprises et en occupant plusieurs responsabilités organiques.
Le désormais nouveau président du RCD a livré quelques indications quant à ses intentions, lesquelles misent sur le maintien du «même niveau d’engagement», d’autant plus qu’il y a une «conjoncture pleine de difficultés pour nombre de nos compatriotes et de terreur quotidienne». Relevant que le RCD «doit continuer à renforcer son autonomie et à agir pour bâtir un parti fort, ouvert et rassembleur, capable de peser sur le cours des événements».
Une déclaration manifestement en phase avec celles de sa candidature, au mois d’avril dernier, quand il a dit «avoir pris» ses responsabilités en se lançant dans la bataille. «Le parti a déjà une identité qu’il faut préserver. J’essaierai de renforcer l’apport de la jeunesse et d’insister sur la complémentarité générationnelle», a-t-il plaidé. «Ma conviction me dicte de ne pas fuir ma responsabilité pour être utile en ces moments difficiles, mais décisifs pour notre pays. Je me porte candidat pour la présidence du RCD», avait indiqué Atmane Mazouz dans une lettre aux militants.
«Enfant du parti dès sa création, élu à deux reprises, confiant dans l’avenir du Rassemblement et convaincu qu’un militant formé dans et par le parti ne peut, en ces moments difficiles, s’exonérer d’un engagement à continuer la lutte, j’ai fait le choix de poursuivre avec vous le combat pour les idéaux et le projet que nous partageons et d’honorer les nombreux sacrifices des nôtres», a-t-il souligné.
Pour ce qui est du fonctionnement du parti, l’élu des congressistes semble s’inscrire dans une logique de continuité en privilégiant le débat responsable et dans la sérénité dans les instances. «Ma conviction est que seul le débat d’idées le plus libre dans ce congrès et dans toute la vie du parti est à même de donner la force à notre Rassemblement et la légitimité nécessaire pour le fonctionnement démocratique de nos structures», a-t-il promis. Pour sa part, Mourad Biatour sort avec les honneurs à l’issue de ce congrès en obtenant la confiance de pas moins de 300 congressistes. Ce qui confirme incontestablement la place dont il jouit auprès des militants et cadres du parti pour un jeune de 35 ans. Ce dernier ne semble pas avoir usurpé sa place, ni les voix qu’il vient d’obtenir parmi les congressistes présents à ses assises organiques, ont affirmé des militants du RCD, qui notent que le natif de Béjaïa était responsable de la branche estudiantine du parti avant d’être choisi comme membre du secrétariat national et chargé de l’organisation au sein du parti.
Ce qui a renforcé son ambition à briguer la présidence du parti affirmant bénéficier du soutien des membres les plus importants du secrétariat national du parti, de même que celui d’un grand nombre de dirigeants dans les bureaux régionaux, ce qui le place, a-t-il estimé, «en bonne position pour assumer la direction du parti». n