Les préoccupations des producteurs de boissons et la situation de la filière reviennent dans l’actualité et ces derniers s’invitent au siège du ministère du Commerce, où Kamel Rezig a reçu, samedi, le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab), Ali Hamani, en présence du ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Aïssa Bekkai.
L’occasion pour M. Hamani de présenter un exposé sur la production, les taux d’intégration et les obstacles auxquels se heurtent les opérateurs économiques de cette filière, indique un communiqué du ministère. Tout en se montrant rassurant vis-à-vis du président de l’Apab, M. Rezig a rappelé l’encouragement de l’Etat pour le produit local et l’obligation faites aux producteurs de boissons de participer, eux aussi, à la réduction de la facture des importations en renforçant le taux d’intégration de la filière par l’usage de matière première disponible localement. « L’augmentation des taux d’intégration du produit local est une nécessité devant être concrétisée selon les exigences du marché et les normes internationales de qualité avec la focalisation, en premier lieu, sur les matières premières produites localement », a indiqué le ministre dans une rencontre inscrite, justement, dans le cadre des données, la semaine dernière, par le Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la rencontre gouvernement-walis, s’articulant essentiellement autour de la nécessité de rationaliser les importations de concentrés de jus qui se font au détriment de la production nationale (jus et agrumes).
Faisant le constat préoccupant d’une économie « désarticulée » et portée sur l’exportation pour « surtout bénéficier des dividendes de la surfacturation », M. Tebboune s’est carrément insurgé contre le recours à la matière première importée au détriment du produit local. Il n’a, à ce propos, pas hésité à citer le cas de l’industrie des boissons dont les opérateurs « importent du jus de fruit alors que des agriculteurs chez nous ne savent pas quoi faire de leurs récoltes ». D’où les instructions du chef de l’Etat pour l’interdiction « immédiate » de l’importation de certains produits sans qu’il y ait invocation des accords d’association avec l’UE, sachant qu’il existe des clauses de protection du produit local, a-t-il soutenu.
Et c’est dans le sens des instructions du Président que le ministre du Commerce a reçu M. Hamani. En effet, après avoir témoigné de « la disponibilité du gouvernement à fournir toutes les facilitations nécessaires aux investisseurs souhaitant se lancer dans les industries manufacturières pour réduire la facture d’importation », Kamel Rezig a instruit les cadres de son département ministériel de «la nécessité d’œuvrer rapidement, avec le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, en vue de fixer les saisons de récolte de légumes et de fruits à l’effet d’interdire leur importation durant ces saisons, comme c’est le cas dans tous les pays du monde », fait savoir le même communiqué. Ajoutant que le ministre a appelé le président de l’Apab à une deuxième réunion urgente avec les adhérents de l’association et les acteurs de cette filière et des secteurs concernés en vue de fixer définitivement la liste des produits non nécessaires à l’importation avec l’implication de tous les professionnels, a conclu la même source.<