De nombreux journalistes du journal El Fajr se sont rassemblés, hier matin, à la maison de la presse Tahar-Djaout pour dénoncer leur situation «dramatique» et réclamer le paiement de leurs salaires.
Les journalistes du journal El Fajr reprochent à la directrice de la publication du journal, Mme Hadda Hazem, de les avoir congédiés sans préavis, alors qu’elle leur doit jusqu’à dix-huit mois de salaires pour certains. Ils ont appelé, durant ce rassemblement, les autorités, à leur tête le président de la République et le ministre de la Communication, à «intervenir d’urgence pour leur donner ce qui leur revient de droit». D’après eux, ce sont 21 employés au total qui réclament des salaires impayés. Pour trouver une issue, ils ont mandaté deux de leurs collègues pour discuter avec
Mme Hadda Hazem. Cette dernière leur a promis de les payer…
A l’origine de ce conflit « professionnel », insistent-ils, le non-paiement des salaires, mais aussi les conditions de travail. «On a été professionnels. On a continué à travailler», affirme l’un des journalistes. Et d’ajouter : «Au mois de janvier, elle a dit qu’elle nous paierait dans un délai de dix jours après la vente d’un local à Sétif qui vaut, selon son estimation, deux millions de dinars». Le 31 janvier, soit avant l’écoulement du délai, Mme Hadda Hazem a pris la décision d’arrêter la publication, assure-t-il. Après des tractations, à en croire la même source, elle a annoncé une nouvelle date pour le règlement. «Le 5 février, on a trouvé le siège cadenassé. A ce moment, on a entamé les procédures pour recouvrer nos droits», indique-t-il. Depuis, le groupe a saisi l’Inspection du travail et le ministère de la Communication via une pétition signée par les 21 rédacteurs. «On a demandé une audience au ministre. Il n’a pas encore répondu. Mais, on a une très grande confiance en la tutelle pour qu’elle réagisse», espère le groupe. Selon un journaliste, le dialogue est rompu pour l’heure avec la fondatrice d’El Fadjr, précisant que le litige est d’ordre professionnel. «On n’a rien de personnel contre elle», réaffirme-t-il. Pour rappel, en novembre 2017, Mme Hadda Hazem avait entamé une grève de la faim pour dénoncer une privation de son journal de publicité par l’Anep. Ce à quoi M. Djamel Kaouane, ministre de la Communication, a répondu, chiffres à l’appui, que le quotidien arabophone aurait reçu 76 milliards de centimes en huit ans. Sur sa page Facebook, Mme Hadda Hazem a dénoncé un chantage, accusant trois journalistes du quotidien, qui recourent, selon elle, au «copier-coller» dans leur publication, d’être derrière le communiqué. Pour elle, la crise financière que connaît
El Fadjr est due essentiellement à «une interdiction de publicité». Après La Tribune, La Voix de l’Oranie, Sawt El-Gharb, qui ont tous disparu suite à des difficultés financières, c’est le journal El Fajr qui met à son tour la clé sous le paillasson. Le quotidien arabophone El Fadjr est absent des étals depuis le 31 janvier dernier à la suite de la décision prise par la direction du journal de suspendre «momentanément» sa publication dans l’attente de trouver des ressources pour le financement des arriérés de salaires des travailleurs. La directrice de la publication du journal, Mme Hadda Hazem, a fait état de la mise en vente de ses bureaux de Sétif et de Constantine, en réponse au communiqué publié par des salariés de l’entreprise qui ont dénoncé la suspension «sans préavis» de l’entreprise.
D’autre part, plusieurs titres ont déjà cessé de paraître depuis quelques mois pour des raisons financières, aggravées parfois par une mauvaise gestion qui se traduit généralement par une accumulation de dettes auprès des sociétés d’imprimerie ou de distribution, et qui est décriée par les collectifs de journalistes.n