Par Bouzid Chalabi
Au niveau des points de vente grand-public de la filière Dicopa (distribution et conditionnement de produits agricoles) du groupe agro-industries AgroDiv Spa, pas de semoule ni d’huile de table. Un constat qui n’échappe à personne, notamment ces jours-ci, où la demande de ces deux denrées de large consommation s’est accrue par l’effet du Ramadan. Or, c’est dans ces espaces que de nombreuses personnes espéraient se ravitailler après la quasi disparition de ces produits alimentaires du circuit de la commercialisation grand-public.
«Nous attendons des arrivages imminents d’importantes quantités d’huile de table et de semoule», répliquent sans cesse les responsables des points de vente proches du quartier la Glacière, à l’est de la capitale, à ceux qui demandent une date précise de la prochaine arrivée. C’est d’ailleurs un ballet incessant d’hommes et de femmes qui pointent en ces lieux à la recherche d’une information sûre, comme la constaté Reporters lors de son passage dimanche dans ces deux points de vente au détail. «Les agents de Dicopa rassurent la clientèle que tout un programme d’arrivée est prévu par ses dirigeants», a-t-on observé. Un autre agent des lieux lance à ses interlocuteurs pour les tranquilliser que «le groupe AgroDiv va renforcer le nombre des rotations d’approvisionnement des plateformes commerciales de Dicopa, ce qui va renforcer notre capacité d’offres en huile de table et de semoule». Abondant dans ce sens, il dira qu’«avec les tonnages importants prévus tout le monde sera servi». Mais quand exactement ? se sont interrogées des personnes dans l’impatience et la crainte de ne pouvoir s’approvisionner avant l’entame du mois de Ramadan. Selon certaines indiscrétions, ce n’est qu’à partir de mercredi prochain qu’il faudra s’attendre aux premières livraisons avec toute la cohue que cela va provoquer.
A propos de cette hypothèse, on peut dire qu’elle tient la route si l’on se réfère aux toutes dernières déclarations du Directeur général d’AgroDiv, Ibrahim Lazreg. En effet, ce dernier qui s’exprimait hier sur le plateau de la télévision privée Echourouk News, a affirmé que «l’huile sera disponible sur le marché en quantité suffisante». Arguant dans ce sens qu’«AgroDiv produit 180 tonnes d’huile de table par jour. Et nous comptons atteindre dans les jours qui viennent les 500 tonnes par jour». Commentant dans la foulée «un ajout d’offres en la matière des plus intéressants». A propos de la semoule qui est aussi sous tension, laquelle s’est accrue dès l’approche du Ramadan, le Directeur général a saisi l’occasion pour annoncer que «le groupe va soutenir le marché de l’offre à hauteur de 1 500 quintaux par jour, tout renforçant sa capacité de production pour la faire passer à 6 000 quintaux par jour».
Il a informé par ailleurs que «compte tenu de la tension sur la semoule et de la forte demande sur cette denrée pendant le mois de jeûne, nous avons décidé exceptionnellement de réduire en volume la vente de la semoule aux grossistes afin de consacrer le gros de notre production à nos points de vente au détail».
Interrogé sur cette autre denrée, très prisée pendant le mois de Ramadan, à savoir la farine, il a indiqué que la capacité de production de son groupe en la matière est de 1 million de tonnes par an et, ajoutée aux autres quantités produites par les minotiers, l’offre dépasse la demande dans le marché locale de la farine de consommation domestique». Soulignons, par ailleurs, que le patron d’AgroDiv est revenu sur le problème de la rareté de l’huile de table et de la semoule dans le circuit commercial. Il a estimé qu’elle est due «à la frénésie de l’achat sur ces produits qui s’est emparée de certains de nos concitoyens, lesquels ont pris pour argent comptant les rumeurs d’une pénurie qui ont circulé sur les réseaux sociaux». «Par voie de conséquence, tous les stocks disponibles ont vite fait de fondre».
Notons enfin que sur la question des perspectives de développement du groupe agro-industrie, le Directeur général a révélé que pour l’instant «nous sommes au stade de la consultation». Non sans rappeler dans ce sillage que «notre usine qui produit de l’huile de table sous le nom commercial Merhoussa, a coûté 1 400 milliards de dinars», a-t-il conclu. <