Le Comité technique Communication et Information, de la Commission nationale pour l’éducation, la science et la culture – un organe gouvernemental chargé d’intéresser l’opinion publique aux buts, aux programmes et à l’œuvre de l’Unesco – s’est penché, hier, au cours d’une conférence sur le rapport entre médias et éducation, particulièrement l’incidence des réseaux sociaux sur la famille éducative.

Le président du comité, Benzelikha Ahmed, est allé droit au but : «Le réseau social est en train de se transformer en un réseau asocial !» Selon lui, les «discours de haine, de violence et d’insultes» relayés à satiété sur les réseaux sociaux, en «l’absence de contrôles», sont «en train de détériorer la sociabilité» des utilisateurs, considérant qu’Internet «devrait être un espace éthique». M. Benzelikha a estimé que la solution est d’offrir aux utilisateurs des outils pour leur permettre d’identifier les contenus, pour éviter d’être manipulés. Surtout que l’éducation aux médias est «intimement» liée à la liberté d’expression et à l’exclusion de la haine, de la violence et de l’extrémisme. Pour M. Benzelikha, la liberté, c’est d’abord le libre accès pour toutes et tous à Internet, avant d’être celle de penser, la liberté de dire, la liberté de s’exprimer et la liberté d’opinion. Pour le conférencier, le choix du thème autour de l’éducation aux médias et son importance «n’est plus à souligner». «Nous vivons dans un monde complexe où beaucoup de jeunes sont connectés et confrontés à des informations qui sont souvent non vérifiées au niveau du Net», rappelle-t-il. Dans ce cadre, l’expert a appelé à une sensibilisation et à une éducation aux médias et à l’information, pour que les jeunes puissent différencier entre les vraies informations et les «fake news». «Pour cette raison, nous avons lancé cette conférence de manière à nous permettre d’avoir une idée précise et large des préoccupations de l’heure et des enjeux qui concernent l’éducation en Algérie», dira-t-il.
«Le citoyen algérien est très connecté aux réseaux sociaux, il est consommateur et parfois producteur d’informations. C’est pour cette raison qu’on doit lui expliquer ce qu’est l’information, comment elle se fait et pourquoi on informe les gens», a conclu le conférencier.
Pour sa part, Andréa Cairola, conseiller de communication pour l’Unesco Maghreb, a présenté les objectifs de cette institution dans le cadre de la liberté d’expression et l’éducation aux médias. L’intervenant a insisté sur l’importance de préserver la libre circulation de l’information, par l’organisation de journées internationales, comme la Journée de la radio, le 13 février, et de la presse, le 3 mai.
Les présents à la rencontre, notamment les membres de l’Unesco, les chefs d’établissement scolaire, ont plaidé pour la nécessité d’éduquer les utilisateurs d’Internet (jeunes ou moins jeunes) pour une meilleure utilisation de cet outil à double tranchant. Car, selon eux, on ne peut pas négliger les avantages d’Internet dans la vie quotidienne des citoyens.