PAR INES DALI
Les économies du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (MENA) qui auront le plus vacciné leur population contre le Covid-19 retrouveront l’année prochaine leur niveau d’avant la pandémie, a affirmé hier le Fonds monétaire international (FMI). Ainsi, la reprise économique dans la région MENA à laquelle appartient l’Algérie est conditionnée par l’accélération de la vaccination.
Jusqu’à l’heure actuelle, la vaccination en Algérie n’a pas atteint le niveau escompté. Plusieurs annonces d’arrivage de vaccins n’ont pas eu lieu pour des raisons liées principalement à la forte tension sur la demande mondiale sur les anti-Covid-19. Au vu de ce que note le FMI dans son rapport, un retour à la croissance de l’économie algérienne à son niveau d’avant la pandémie de coronavirus pourrait être fortement compromis si des solutions ne sont pas trouvées pour un approvisionnement plus important en anticoronavirus.
La production du vaccin à l’échelle locale ne peut avoir lieu qu’à parti de septembre prochain, selon les déclarations des responsables en charge de ce dossier. D’ici là, la vaccination ne devrait non seulement pas être interrompue mais, au contraire, devrait connaitre un rythme bien plus soutenu que le rythme actuel qualifié de «lent» par tous, responsables et spécialistes du secteur de la santé. Il faut noter que les économies de toute la région MENA ont été fortement été ébranlées d’année dernière, en raison des répercussions des restrictions imposées dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19.
La région MENA, qui comprend tous les pays arabes et l’Iran, a connu une contraction de 3,4% de son PIB en 2020, d’après les dernières estimations du FMI, à cause de la baisse des prix du pétrole et des mesures de confinement prises pour empêcher la propagation du coronavirus. Selon le FMI, la croissance dans la région va s’accélérer pour atteindre 4% cette année, soit une hausse de 0,9 point par rapport à sa dernière projection publiée début février. Le FMI n’a pas donné les prévisions par pays, mais il est clair que la reprise économique prévue pour la fin de l’année en cours est elle aussi tributaire de la vaccination. Ce qui nous emmène encore une fois à évoquer le cas Algérie, puisque trois mois et demi de 2021 sont passés et la vaccination reste à un niveau très bas. Le seul taux de vaccination avancé vers la mi-mars par le Dr Mohamed Yousfi, chef de service infectieux à l’hôpital de Boufarik, dans la wilaya de Blida, faisait état d’un taux de vaccination de 0,17%. Il est vrai qu’un autre arrivage de vaccin a eu lieu au début d’avril, mais il saurait pour l’heure répondre à toute la demande nationale sachant que le pays ambitionne de vacciner 70% de la population.
Dans son rapport sur les perspectives économiques régionales publié hier, le FMI dit s’attendre à ce que les niveaux de PIB des pays qui ont le plus vacciné atteignent l’année prochaine les niveaux de 2019, tandis que pour les autres, la reprise se produira plus tard, entre 2022 et 2023. Faudrait-il alors que l’Algérie attende plus de temps pour voir la croissance redécoller en raison d’une vaccination qui n’a pas atteint la vitesse de croisière ? Cette question mérite de trouver une réponse rapide sur le terrain d’autant que le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI, Jihad Azour, a déclaré que «la reprise économique à plusieurs vitesses se situe à différents niveaux, entre ceux qui sont rapides dans la vaccination (…), ceux qui seront lents et ceux qui seront en retard».
«Le déploiement du vaccin et la réponse politique jouent un rôle important dans la qualité et la profondeur de la reprise économique», a-t-il ajouté. Certains pays de la région, en particulier dans le Golfe, ont lancé de vastes campagnes de vaccination. Mais l’accès aux vaccins reste un défi pour de nombreux autres pays en raison de pénuries, de retards de livraisons et de difficultés financières. n