Par Feriel Nourine
L’Algérie figure en bonne position dans le classement consacré par l’Organisation des pays arabes exportateurs de pétrole (Opaep) aux pays fiables en matière de livraison de gaz naturel à ses clients. Mieux, dans son rapport mensuel publié dimanche sur «l’évolution du gaz naturel liquéfié et de l’hydrogène au cours du premier trimestre 2022», l’Opaep classe même l’Algérie en haut de liste des pays «hautement fiables» sur ce registre.
Comprendre que notre pays a pleinement honoré ses engagements à l’égard des pays avec lesquels il a conclu des accords pour les approvisionner en cette énergie qui fait l’actualité depuis le début de la guerre en Ukraine et l’impact de cette situation sur le circuit de distribution de gaz dans le monde.
Dans un marché bouleversé par le conflit armé entre la Russie et l’Ukraine, depuis février dernier, les exportations algériennes n’ont pas été perturbées, relève l’organisation. Si des pays européens ont énormément pâti du dérèglement du marché, ceux du même continent qui s’approvisionnent auprès de l’Algérie ont, quant à eux, conservé leurs volumes intacts, sachant que durant la période de référence, «les exportations algériennes sont restées dans le cadre de la fourchette du trimestre annuelle habituelle, oscillant entre 2,5 et 3 millions de tonnes».
En ce sens, le gazoduc Medgaz, a continué à servir de voie d’acheminement de gaz vers l’Espagne sans discontinuité, souligne le rapport, notant que la capacité de cette voie sous-marine qui relie directement les deux pays a récemment été augmentée de 8 à 10,5 milliards de m3/an, ajoute le même rapport.
Autrement, le client espagnol a pu compter sur l’engament de l’Algérie à honorer ses accords, et l’approvisionnement de l’Espagne en gaz algérien n’a pas été perturbé par la crise diplomatique qui caractérise les relations entre les deux pays depuis le revirement du Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, sur la question du Sahara occidental. Ce dernier n’a pas hésité à se ranger du côté du Maroc quitte à engager son pays dans une voie contraire à la légalité internationale. L’Opaep cite également la coopération gazière entre l’Algérie et l’Italie, et rappelle que le groupe Sonatrach et son partenaire Eni viennent de signer un nouvel accord pour augmenter de manière conséquente les exportations via le gazoduc Enrico Mattei/Transmed, qui relie l’Algérie à l’Italie via la Tunisie, avec une capacité nominale de 33 milliards de m3/an.
Par ailleurs, le rapport de l’Opaep met en avant «le rôle pivot du gaz naturel liquéfié (GNL) en termes de satisfaction de la demande mondiale sur l’énergie». Laquelle s’est accrue au premier trimestre de l’année en cours, soutenue par des pays européens en quête de diversification de leurs approvisionnements pour réduire leur dépendance en gaz naturel russe.
Durant cette période, les importations européennes de GNL ont fortement augmenté, atteignant 103,7 millions de tonnes, contre 97,2 millions de tonnes enregistrées au premier trimestre 2021, soit une croissance annuelle de 6.9%, indique la même source, non sans rappeler qu’après «les hausses inédites et historiques» enregistrées durant le dernier trimestre de 2021, les prix du gaz naturel ont connu une baisse à partir de janvier 2022 en raison des conditions climatiques à la faveur d’une saison hivernale moins rude en Europe et en Asie d’où la baisse de la demande».
Une accalmie qui n’a, cependant, pas duré, fait remarquer le rapport, prévoyant une envolée des prix du gaz, notamment après le déclenchement de la crise ukrainienne fin février dernier et les craintes provoquées quant à l’avenir des approvisionnements russes vers l’Europe.
Tout comme ceux du gaz naturel, les prix spot du GNL resteront élevés pour les années à venir, même s’ils n’atteignent pas à nouveau les plus récents records, prévoient aussi les experts du marché, estimant que «l’offre et la demande de GNL dépendront également de la question de savoir si la Russie coupera l’approvisionnement d’un plus grand nombre de clients de l’UE après avoir interrompu les livraisons à la Pologne, à la Bulgarie et à la Finlande, et du froid de l’hiver prochain en Europe et en Asie».