Dans la quatrième édition de son rapport, publié mercredi dernier, la Conférence nationale des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) conclut que l’Algérie reste fortement dépendante aux hydrocarbures. La Cnuced considère que l’Algérie fait partie des pays complètement tributaires de l’énergie. Le nombre de pays dans cette catégorie est passé de 30 à 32. Dans ce groupe, figurent l’Algérie, l’Angola, le Nigeria, le Koweït et l’Irak, soit la majorité des pays membres de l’Opep. En Algérie, le gaz et le pétrole ont représenté 97,9% des exportations durant la période 2013-2017. Ce qui veut dire que l’Algérie a, durant cette période, peu progressé dans la diversification de son économie. Ce taux a atteint 100% en Angola (99,7%), 96,1% en Irak, 87,7%au Qatar. Toutefois, la Cnuced souligne que les pays pétro-gaziers comme l’Algérie, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont réussi à accroître considérablement les produits gaziers et pétroliers transformés en progressant sur la chaîne de la plus-value. En effet, en Algérie, une partie de la production de pétrole est raffinée, une autre moins importante de gaz est valorisée via la pétrochimie. Il est noté que les produits transformés ont une valeur bien plus importante que les matières premières, pétrole brut et gaz. L’organisation rappelle, en outre, que les pays fortement dépendants aux hydrocarbures sont vulnérables aux chocs extérieurs et à la volatilité des cours. Entre 2013 et 2017, les prix moyens de ces produits étaient nettement inférieurs aux sommets atteints durant la période 2008-2012, entrainant un ralentissement économique de ces pays, dont plusieurs ont glissé dans la récession.
De façon générale, le rapport de la Cnuced relève que plus de la moitié des pays du monde (102 sur 189) et deux-tiers des pays en développement dépendent des exportations des produits de base. C’est le plus haut niveau en 20 ans, passant de 92 pays durant la période 1992-1998 à 102 en 2013-2017. La dépendance aux produits de base touche 85% des pays les moins avancés, 81% des pays en développement sans littoral et 57% des petits Etats insulaires. L’Afrique subsaharienne est la plus affectée avec 89% de pays dépendants aux produits de base, suivi du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (65%). Le nombre de pays tributaires des produits agricoles a baissé entre les deux périodes de comparaison. Le nombre de pays tributaires de produits minéraux est passé de 14 à 33, tandis que le nombre de pays dépendant de l’énergie est passé de 28 à 32. Ce rapport laisse apparaître en filigrane que l’Algérie n’a pas su profiter de l’aisance financière des années 2000 pour sortir de sa dépendance aux hydrocarbures. Elle colle toujours au gros peloton des pays en développement dépendant d’une matière première.
Cette situation, si elle n’est pas surmontée rapidement, risque de la mener tout droit vers un plan d’ajustement structurel imposé par le FMI, très douloureux pour la population.