En dépit de l’augmentation constante des usagers d’Internet, la qualité des prestations offertes demeure bien en deçà des attentes de ces derniers, notamment en matière de stabilité de la connexion. C’est ce qui ressort de la lecture faite du Global Digital Report 2022 par le Groupement Algérien des Acteurs du Numérique (GAAN), en partenariat avec Zone – Agence Digitale.

Synthèse de Feriel Nourine
Il s’agit précisément d’une lecture approfondie des chiffres présentés sur l’Algérie par le site Data Reportal afin de «tenter d’apporter des éléments de réponse concernant le rapport des citoyens algériens à Internet, au lieu de nous contenter des chiffres bruts annoncés dans le rapport», lit-on sur le document.
Le rapport de GAAN note que le taux de pénétration internet en Algérie (pourcentage des citoyens se connectant à internet par rapport à la population globale) dépasse, en 2022, la barre des 60%, soit une augmentation de 7.3% par rapport à l’année passée.
Il s’agit d’un record, souligne le groupement, notant que ce taux de pénétration internet est «nettement supérieur à la moyenne africaine, y compris aux chiffres présentés par les premières startups nations du continent comme le Kenya ou le Nigeria (respectivement 42% et 51%)»
La croissance annuelle de 7.3% est également supérieure au taux de croissance mondial entre 2021 et 2022 qui stagne sur les 4%, ajoute la même source, considérant que «l’Algérie semble être bien partie pour rattraper les pays les plus avancés en matière de pénétration internet, voire pour prendre les devants, puisque les autres pays africains ne semblent pas non plus dépasser la barre des 4%».
«Ces performances hautement satisfaisantes ont pu être réalisées malgré un handicap certain puisqu’élevé», indique encore l’analyse, expliquant que le score de pénétration algérien signifie «donner accès à plus de citoyens répartis sur la superficie d’un état-continent, et donc déployer des infrastructures sur plus de 2 millions de kilomètres carrés».
Comprendre qu’il est «beaucoup plus difficile, plus contraignant, et plus coûteux d’élever le score de pénétration en Algérie comparé à des pays de moindre superficie, ce qui renforce le mérite des chiffres obtenus», explique-t-on.
De plus, les 60% d’Algériens connectés à Internet, représentent 27 millions d’utilisateurs potentiels de plateformes électroniques pensées et conçues pour leur faciliter leur quotidien, relève-t-on encore. C’est pourquoi, «il est plus que jamais temps pour les instances gouvernementales de mettre à leur disposition ces plateformes afin d’éliminer les contraintes bureaucratiques, apporter plus de transparence et d’équité dans le traitement des requêtes, simplifier et accélérer les démarches, gagner en proximité avec le citoyen», recommande à son tour le GAAN.
Pour leur part, les acteurs économiques et créateurs de contenus privés sont invités à s’adresser à cette partie conséquente de la population et contribuer à la facilitation de leur quotidien».
Ceci d’autant que la présence massive d’Algériens sur internet «démontre qu’il est plus que jamais temps de capitaliser sur la dématérialisation du service public», insistent les rédacteurs de l’analyse.
Ces derniers relèvent également l’augmentation du débit internet, considéré «sans doute comme un des points les plus importants à mettre en évidence sur le rapport», écrivent-ils, soulignant qu’il s’agit d’une «performance exceptionnelle».
«La vitesse de téléchargement médiane sur mobile augmente de 45.5% par rapport à l’année passée et atteint les 11.44 MB par seconde. Encore mieux, la vitesse de téléchargement médiane des connexions internet fixes atteint les 9.78 MB par seconde, soit une augmentation de plus de 170%, ce qui se rapproche du triple de la médiane du débit de l’année passée», illustre la même étude.
Rappelant que le débit internet a pendant longtemps été un «handicap majeur pour le développement du numérique en Algérie», le GAAN considère qu’«il devient aujourd’hui largement suffisant pour satisfaire la majorité des opérations de navigation ou de traitement sur internet, que ce soit pour les particuliers ou les professionnels.
Cependant, si le débit internet s’est nettement amélioré, selon la lecture faire par le groupement, la connexion laisse toujours à désirer par son instabilité, constate la même source.
«Bien que difficile à évaluer/quantifier, la connexion internet est toujours jugée trop instable et trop souvent perturbée par la majorité des utilisateurs fixes et mobiles compris», écrit le GAAN.
A l’occasion, le rapport revient sur les coupures internet qui sont opérées en Algérie en période d’examens de l’enseignement. «Le choix délibéré de suspendre internet pendant des périodes spécifiques telles que les examens ne peut plus être justifié, compte-tenu du nombre de citoyens dont le contenu dépend de cette connexion», juge le GAAN.
Produit par KEPIOS et We Are Social, le Global Digital Report, et précisément le Digital Report Algeria, sont des rapports annuels présentant les chiffres du Digital partout à travers le monde.
«Ces chiffres sont hautement fiables et objectifs puisqu’ils trouvent leur source dans des outils dont la nature de l’activité est de récolter ce type de données, mais aussi de par la notoriété mondiale et incontestable de ces outils», assure le GAAN. n