L’Algérie a été classée cette année à la 91e place au classement mondial, établi par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), en ce qui concerne l’indice de développement humain (IDH). Par rapport au classement de 2019, au sein duquel elle occupait le 80e rang mondial, elle perd neuf places, mais elle reste le pays maghrébin le mieux noté, non sans inquiétude, cependant, pour le creusement des inégalités sociales…

A lire le rapport en anglais du PNUD, la valeur de l’IDH de l’Algérie est de 0,748, ce qui la place encore dans la catégorie du développement humain élevé en la positionnant à la 91e place sur un total de 189 pays et territoires. Pour les pays comparables au nôtre et établis ainsi dans le document de l’agence onusienne, la Tunisie est classée au 95e rang mondial, tandis que le Maroc occupe le 121e rang et la Libye le 105e rang.
Entre 1990 et 2019, la valeur de l’IDH de l’Algérie est passée de 0,572 à 0,748, soit une augmentation de 30,8%. Sauf qu’en 2020, elle s’est avérée inférieure à la moyenne retenue pour le groupe des pays à développement humain élevé (0,753) et supérieure à celle retenue pour le groupe dit des pays et des Etats arabes (0,705).
Dans l’ensemble, les performances algériennes en matière de développement humain restent importantes en comparaison avec celles observées dans d’autres pays de même niveau de progrès socio-économique. Entre 1990 et 2019, l’espérance de vie a augmenté de 9,9 ans, la durée moyenne de scolarité a augmenté de 5 ans. Le revenu national brut par habitant (RNB) a augmenté d’environ 30% entre 1990 et 2019.
La perte des 9 places par l’Algérie en 2019 s’explique par le fait que lorsque la valeur de son IDH (0,748) est actualisée par rapport à la question des privations constatées cette fois-ci chez les individus et les ménages en matière de santé, d’éducation et de niveau de vie, elle tombe à 0,596, soit une perte de 20,3%.
En somme, même si les données méritent d’être vérifiées et actualisées – ce qui, à la charge des différents départements gouvernementaux en fournissant des chiffres «frais» – le rapport du PNUD est manifestement une alerte contre la détérioration de ce qui est appelé dans son jargon l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) et qui se rapporte aux privations déjà évoquées plus haut.

L’IDH ajusté à l’impact écologique
En outre, quand le gouvernement admet lui-même l’existence de «zones d’ombre» dans notre pays et qu’il en fait son nouveau cheval de bataille contre la marginalisation des territoires concernés, la question des chiffres et des statistiques doit bénéficier de la plus grande attention. A titre indicatif, la perte moyenne due aux inégalités pour les pays à IDH élevé est de 17,95 % et pour les Etats arabes, il est de 24,7 %. Le coefficient d’inégalité humaine pour l’Algérie est égal à 19,7% alors qu’il est de 19,5% pour la Tunisie.
A titre de rappel, également, le rapport du PNUD dresse quatre catégories de pays dans sa classification, entre pays à développement humain faible (IDH inférieurs à 0,550), pays à développement humain moyen (IDH entre 0,550 et 0,699), pays à développement humain élevé (IDH entre 0,700 et 0,799) et pays à développement humain très élevé (IDH supérieur à 0,800).
Le classement de l’IDH évalue le niveau de développement humain des pays en se basant sur plusieurs données, impliquant, entre autres, le niveau d’éducation de la population, la santé et les revenus. Cette année, cependant, le PNUD propose un nouvel élément dans son indice annuel de développement humain : celui de l’impact écologique. Appelé nouvel IDH expérimental, il tient compte, outre la santé, l’éducation et le niveau de vie d’un pays, des émissions de dioxyde de carbone et de l’empreinte matérielle des pays sur le milieu naturel.
Publié sous le titre «La prochaine frontière : le développement humain et l’anthropocène», le PNUD propose un nouveau point de vue expérimental dans son Indice annuel de développement humain.
«Il est temps pour tous les pays de repenser leur chemin vers le progrès en tenant pleinement compte des pressions dangereuses que les êtres humains exercent sur la planète tout en éliminant les déséquilibres flagrants de pouvoir et d’opportunités qui empêchent le changement», y lit-on.