Le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a publié officiellement, le 17 janvier dernier, l’édition 2019 de son rapport sur les perspectives économiques en Afrique. «Le document sera présenté en marge de la 32e session ordinaire de l’assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine (UA) qui se tiendra le 8 février 2019 à Addis Abeba », précise la BAD dans un communiqué. Cette année, le rapport, fruit des travaux et analyses des experts économistes de la Banque, s’articule autour de trois domaines clés. Il examine, tout d’abord, les récentes évolutions macroéconomiques et les perspectives sur le continent, en mettant l’accent sur les implications des déséquilibres extérieurs sur la croissance et les défis financiers et monétaires de l’intégration. La création d’emplois est ensuite abordée à travers l’analyse du dynamisme des entreprises. Enfin, le rapport explore les enjeux économiques de l’intégration régionale en Afrique et les politiques susceptibles d’apporter la prospérité économique. Selon les conclusions de ce rapport, la performance économique générale de l’Afrique continue de se redresser et la croissance du PIB devrait s’accélérer à 4,0% en 2019 et à 4,1% en 2020. Toutefois, l’amélioration de la situation macroéconomique et de l’emploi oblige l’industrie à conduire la croissance. Ainsi, bien qu’il « n’existait pas de risque systémique de crise de la dette », malgré l’augmentation de la dette nationale en Afrique, la BAD estime qu’au rythme actuel de croissance de la main-d’œuvre, l’Afrique doit créer environ 12 millions de nouveaux emplois chaque année pour empêcher le chômage d’augmenter. D’où la nécessité d’un « effort d’industrialisation concerté, fondé sur l’avantage comparatif des pays », note le rapport. Dans cette perspective Hanan Morsy, directrice du département de la prévision et de la recherche en matière de politique macroéconomique à la BAD, juge que « la croissance tirée par le secteur manufacturier a le plus grand impact sur la création d’emplois ».
Pour ce faire, le rapport estime qu’une « Afrique sans frontières » est l’un des fondements d’un marché continental concurrentiel qui pourrait servir de centre commercial mondial. Dans ce sens, l’Accord de libre-échange continental (Zelca), signé en mars 2018 par 44 pays africains, offre des opportunités substantielles à tous les pays africains. « Pour développer des chaînes d’approvisionnement transfrontalières, il est essentiel d’améliorer la gestion des douanes et d’adopter des règles d’origine simples et transparentes », note le rapport. De façon concrète, le document de la BAD identifie cinq actions clés en matière de politique commerciale susceptibles de porter les gains totaux de l’Afrique à 4,5% de son PIB, soit 134 milliards de dollars par an : 1. éliminer tous les tarifs bilatéraux appliqués en Afrique ; 2. garder les règles d’origine simples, souples et transparentes ; 3. supprimer toutes les barrières non tarifaires sur les biens et services ; 4. mettre en œuvre l’Accord sur la facilitation des échanges de l’Organisation mondiale du commerce afin de réduire les délais et les coûts de transaction transfrontaliers liés aux mesures non tarifaires ; 5.négocier avec les autres pays en développement afin de réduire leurs droits de douane et leurs barrières non tarifaires de 50%. Il y a lieu de rappeler qu’en 2013, l’Afrique était le continent qui connaissait la croissance la plus rapide au monde avec 5,6 % par an. Pour le détail, après une croissance de 2,1% en 2016, l’économie de l’Afrique s’est rétablie à 3,6% en 2017 et 3,5% en 2018. L’Afrique de l’Est est en tête avec une croissance du PIB estimée à 5,7% en 2018, suivie de l’Afrique du Nord à 4,9%, de l’Afrique de l’Ouest à 3,3%, de l’Afrique centrale à 2,2% et de l’Afrique australe à 1,2%.
Aujourd’hui, la Banque africaine de développement prévoit une augmentation de 4,3% de la croissance annuelle à travers le continent.
Soulignons enfin que, de son côté, la Banque mondiale s’attend à ce que la plupart des pays africains atteignent un PIB par habitant d’au moins 1 000 dollars d’ici à 2025 (en les classant dans la catégorie des « revenus moyen ».
Le rapport de la BAD concernant l’Algérie fonde l’essentiel de son économie sur les énergies fossiles et le gaz. En fait, 95% des exportations de l’Algérie sont basées sur son industrie avancée des carburants et du gaz. Avec un PIB de 173 milliards de dollars et un PIB par habitant de 4 187 dollars, l’Algérie figure parmi les cinq pays les plus riches d’Afrique.
En raison de ses nouvelles possibilités, l’Algérie s’est orientée, ces dernières années, vers le développement durable afin de créer plus d’emplois et d’atténuer la pénurie de logements à laquelle elle est confrontée. L’économie algérienne accueille également d’autres secteurs qui, bien qu’ils ne détiennent pas un pourcentage significatif de l’économie du pays, occupent une position respectable. Ces secteurs comprennent l’agriculture, la pêche, les banques et le tourisme.