La justice algérienne a prononcé 27 condamnations à mort au cours de l’année 2017, contre 50 en 2016, a indiqué le rapport d’Amnesty International sur la peine de mort publié jeudi. 

«En 2017, l’organisation a répertorié 27 condamnations à mort en Algérie, moins que les 50 recensées en 2016. Mais l’ampleur véritable de l’imposition de ce châtiment en Algérie n’est pas connue, les données officielles n’étant pas divulguées par les autorités», lit-on dans le document de l’organisation, qui appelle le gouvernement algérien à abolir ce châtiment dans le code pénal.
Pour Amnesty, le moratoire sur la peine de mort signé par l’Algérie au milieu des années 1990 doit être complété par une suppression pure et simple de la peine capitale de toute la législation nationale. L’organisation précise également que le gouvernement algérien n’a procédé à aucune exécution au cours de la même période.
En Afrique du Nord, seule l’Egypte a procédé à des exécutions en 2017. «La Tunisie, l’Algérie, le Maroc et le Sahara occidental n’ont pas mis de prisonnier à mort depuis le début des années 1990. Aucun de ces pays ne s’est, cependant, engagé à abolir la peine capitale en droit. Diverses dispositions juridiques dans chacun de ces Etats continuent à prévoir la peine de mort, ce qui va à l’encontre de la tendance internationale vers l’abolition de ce châtiment et vers le respect du droit à la vie», indique la même source. «Les Etats de la région continuent de prendre des mesures en vue de limiter le recours à la peine capitale ou d’abolir ce châtiment, alors que l’année 2018 est déjà bien entamée, et les derniers pays du monde qui procèdent encore à des exécutions se trouvent d’autant plus isolés», a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.
Si Amnesty International a fait état d’une baisse du recours à la peine de mort au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en 2017 par rapport à 2016, l’Egypte a prononcé la majorité des condamnations à ce châtiment dans cette région. «Au moins 402 personnes ont été condamnées à mort par des tribunaux de droit commun et des tribunaux militaires à l’issue de procès collectifs d’une iniquité flagrante, contre 237 en 2016. En Egypte, les condamnations à mort enregistrées ont augmenté d’environ 70 % par rapport à 2016», déplore Amnesty. Le nombre de pays procédant à des exécutions n’a pas changé, cependant, Bahreïn, les Emirats arabes unis, la Jordanie et le Koweït ont repris les exécutions après une période d’interruption. D’après Amnesty, des mesures positives ont été prises en 2017 et leurs effets ne se feront pleinement sentir que dans les mois et les années à venir. Toutefois, certains pays font marche arrière – ou menacent de le faire – et il est donc toujours aussi essentiel de faire campagne contre la peine de mort. Amnesty International demande aux autorités en Algérie, au Maroc, au Sahara occidental, et en  Tunisie de commuer toutes les condamnations à mort, dans l’objectif d’abolir la peine capitale.
«La peine capitale s’inscrit dans une culture marquée par la violence, sans apporter de remède à ce fléau. Nous savons qu’en mobilisant des personnes des quatre coins de la planète, nous pouvons lutter contre la peine de mort et mettre fin à ce châtiment cruel partout dans le monde», a déclaré le secrétaire général d’Amnesty.
Pour rappel, la dernière exécution en Algérie remonte en 1993. Il s’agit des personnes impliquées dans l’attentat terroriste qui a ciblé l’aéroport international Houari-Boumediène en août 1992.