Moins agressive qu’un accrochage armé, qu’un raid aérien ou d’un tir de missile de croisière, les cyberattaques sont les instruments d’une guerre secrète qui s’annonce prédominante dans les actuels, et prochains, conflits.

La journée mondiale d’al-Qods (dernier vendredi du mois de ramadan) a été célébrée cette année dans des conditions spéciales. Pas seulement à cause de la crise sanitaire mondiale, mais également par l’accélération d’une forme de guerre qui prend de plus en plus d’ampleur, celle des cyberattaques. La tension est effectivement à son comble, depuis le début du mois de mai, entre l’Iran et l’entité sioniste. Plusieurs cyberattaques ont été signalées, mais les plus visibles restent celles attribuées à Téhéran. La dernière en date remonte à avant-hier, jeudi. Une cyberattaque a ainsi visé plusieurs sites web d’ « Israël », touchant plusieurs entreprises et de quelques municipalités. Elle consistait à remplacer des contenus par un montage vidéo montrant la destruction de la ville de Tel-Aviv avec la phrase (en anglais et en hébreu): « Le compte à rebours de la destruction d’Israël a commencé depuis longtemps ». Cette intrusion est signée Hackers of Savior (Les pirates de Savior), dont une vidéo postée sur leur chaîne YouTube affirme : « Nous nous rassemblons ici afin de venger les crimes sionistes contre les Palestiniens qui sont morts, qui ont perdu leur famille ou leurs terres ».

Capture écran du montage vidéo du groupe « Les pirates de Savior »

Capture écran du montage vidéo du groupe « Les pirates de Savior »

D’autres cyberattaques, de différentes formes, ont été relevées également. La première remonte au 8 mai dernier. Ce jour là, le réseau hydraulique de Tel-Aviv avait été la cible d’une cyberattaque (attribuée à l’Iran) qui a entraîné l’arrêt momentané d’une pompe du réseau de distribution d’eau dans la région. Le lendemain, le trafic maritime au terminal portuaire animé de Rajaï, en Iran, s’est brusquement arrêté sans aucune explication. Néanmoins, le quotidien américain The Washington Post indiquera, dans son édition du 18 mai dernier, et en citant des « sources officielles » que l’Entité sioniste « pourrait être derrière cet accident ».


Capture écran de l’article du « Washington Post »

La riposte cybernétique de Téhéran n’a pas tardé. Le 19 mai, une importante coupure d’électricité  touche la ville de Rishon Lezion, située à huit kilomètres du sud de Tel-Aviv. Avec celle de jeudi dernier, les dirigeants sionistes ont du mal à cacher leur désarroi. Les réunions sécuritaires, sous la direction de Netenyahu, se succèdent pour essayer de trouver des solutions à cette cyberguerre. Mais c’est l’option va-t-en-guerre des sionistes qui reste d’actualité. Les avions « israéliens » continuent de bombarder les positions iraniennes et des pro-iraniens en Syrie, défiant, encore une fois, toute la communauté internationale. Une bataille sur plusieurs fronts que l’entité sioniste aura du mal à « assurer ». C’est en tout cas l’avis du journaliste palestinien, Abdel Bari Atwan, Rédacteur en Chef du journal en ligne « Rai al-Youm« , qui dans son édito d’hier, vendredi, avertissait que l’entité sioniste « ne peut pas combattre sur plus d’un front à la fois, c’est-à-dire dans l’air, dans la mer et sur terre pour plonger dans une cyberguerre qui menace ses infrastructures, car l’Iran a une longue tradition dans ce domaine, et l’effondrement de sa « cyber » supériorité, qui est considérée comme l’épine dorsale de son économie et de ses revenus financiers, serait un coup douloureux et catastrophique« .

Il est d’ailleurs convaincu des prochains changement, en prédisant une « intifada militaire », en rappelant que 50% des palestiniens vivants dans les territoires occupés ont moins de 15 ans »libérés de l’esclavage du salaire de l’autorité (palestinienne présidée par Mahmoud Abbes, ndlr) et qui n’accepteront pas l’humiliation que leurs parents et grands-parents ont acceptée ».

Capture écran de l’édito de Abdel Bari Atouane

Le journaliste semble même optimiste pour l’avenir du conflit contre les sionistes, et il ne cache pas son enthousiasme: « On le répète pour la millième fois et on l’affirme, l’occupant vit dans un état de terreur, parce qu’il est asphyxié, et la guerre cybernétique est la surprise choc à laquelle il ne s’attendait pas, et les prochains jours seront différents, pas parce que l’Amérique va perdre son trône et son prestige en tant qu’unique superpuissance, et son économie ne va pas  reprendre pour des années encore à cause du coronavirus, mais par l’axe de la résistance devient de plus en plus fort et solide, alors qu’en face, les autres axes s’effondrent » avant de conclure « l’avenir le prouvera ».

Le monde post-coronavirus se présente déjà, et pour plus d’un, trouble, troublé et troublant.

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