Encore une histoire algéro-égyptienne! Cette fois il n’est pas question de football.

L’affiche du feuilleton « al-Nihaya »
La couverture du roman de Waciny Laredj
Waciny Laredj

« Crapuleux ». C’est le mot utilisé par Waciny Laredj pour décrire le feuilleton égyptien « al Nihaya » (La fin) qui fait beaucoup parlé de lui depuis le début de sa diffusion (sur la chaîne égyptienne On TV), soit le 1er jour du ramadan. La réaction de l’écrivain algérien est en relation avec une histoire de plagiat. Waciny Laredj a utilisé « crapuleux » en réaction à un post publié, ce mardi, par Ahmed Halli (l’auteur de la croustillante chronique hebdomadaire « Le Kiosque arabe » sur le quotidien « Le Soir d’Algérie« ) sur son compte facebook dans lequel il évoque « un « pompage » éhonté de la part des producteurs » du feuilleton.

Le post de Ahmed Halli
La réaction de Waciny laredj

Ce dernier s’avère avoir de nombreuses similitudes avec un des roman de l’écrivain algérien, « 2084 – L’histoire du dernier arabe » (2084-hikayate al arabi al akhir), publié en 2016. La réaction publique de Waciny Laredj n’était pas la première. Il a publié hier, sur son compte facebook, un post dans lequel il indiquait qu’il était en train de regarder les premiers épisodes du feuilleton « et chaque instant les similitudes font grandir mon étonnement ». Vraisemblablement il a pu bien avancé dans le feuilleton et a donc pu constater les nombreuses « ressemblances » avec son roman.

Le post publié par Waciny Laredj (lundi, 11 mai 2020)

Un lancement « enthousiasmant »

Dès son lancement, « al-Nihaya » a suscité beaucoup d’intérêt et de réactions. D’emblée il sortait du lot, puisque il s’agissait de « science fiction », ce qui le différencie des autres feuilletons arabes habituellement diffusés durant le mois de Ramadhan. Concernant le scénario, il est basé sur les péripéties d’un ingénieur « arabe » (sans déterminer le pays) en train d’élaborer une arme nucléaire et qui est convoité par plusieurs « forces » (une des nombreuses « similitudes » avec le roman de Waciny Laredj). Le buzz est venu dès le premier épisode avec l’ « annonce », qu’en 20120, « Israël » n’existerait plus et Jérusalem sera libérée. De quoi susciter l’enthousiasme de la « rue arabe », avide d’ « espoirs » pour tout soutien à la cause commune, celle de la Palestine. La dénonciation du feuilleton par le ministère des affaires étrangères de l’entité sioniste est venue booster encore plus l’intérêt pour le feuilleton. « al-Nihaya« , le temps de 19 jours du Ramadhan, aura muté d’un feuilleton de science-fiction, à un sujet politique, avant d’atteindre le stade du plagiat.

Cette histoire de plagiat va booster sûrement les ventes du roman de Waciny Laredj, que cela soit en Algérie ou ailleurs. « 2084-L’histoire du dernier arabe » avait été bien accueilli par les critiques à sa sortie. A l’époque l’écrivain algérien n’avait pas caché que l’année 2084 n’était pas une coïncidence, et c’était en référence au fameux « 1984 » de l’américain Georges Orwell . Ceux qui l’ont lu n’ont pas osé parler de plagiat de l’oeuvre de l’américain, mais déjà, sur les réseaux sociaux, avec la nouvelle visibilité du livre, les spéculations (de ceux qui ne connaissent pas son contenu) commencent déjà. La riposte (sur les réseaux sociaux) de Waciny Laredj également (voir capture d’écran en dessous).

Capture d’écran (facebook) de la réponse de Waciny Laredj à un « questionnement » d’une internaute

Effectivement, le roman (que Waciny Laredj présente avant tout comme « policier ») mérite bien plus de « respect » que d’être plagié, ou d’accuser l’auteur de plagiat. Palpitant, il donne l’occasion à ses lecteurs de réfléchir sur la situation actuelle dans le monde, et sur un avenir loin d’être réconfortant. Peut-être qu’il faudrait plutôt réfléchir sur le texte (voir en dessus) qui « ouvre » son « 2084-L’histoire du dernier arabe » et dont le « message » est loin d’être virtuel.

La dynastie de « Big Brother » traverse bien la littérature, la fiction, et le…réel.

#Ramadhan20(02): BASTA!