Le ministère du Commerce vient d’élaborer une feuille de route destinée à assurer un meilleur approvisionnement du marché et éviter les récurrentes flambées des prix des produits de large consommation au cours du mois de Ramadhan. Parmi les nouveautés de ce programme, l’application essentiellement de prix de référence sur des prix de large consommation.

«Le ministère du Commerce organise actuellement des réunions de concertation en vue de fixer ces prix avec les organisations professionnelles concernées et associations de consommateurs», rapporte Mustapha Zebdi, président de l’Association des consommateurs Apoce. On entend par prix de référence, le prix que les commerçants ne doivent pas dépasser. Ce niveau maximum de référence touche les produits les plus consommés au cours du Ramadhan, à savoir courgette, tomate, pomme de terre, carotte, laitue… Cette mesure phare, si elle est respectée, constitue une bonne solution aux flambées des prix enregistrés au cours de ce mois. Cette feuille de route prévoit également la réduction du Daip (droit additionnel sur importation) sur certains produits, comme la viande fraîche importée et la banane. Ce qui va induire une baisse des prix de ces produits, selon le président de l’Apoce. Autre nouveauté, la généralisation des marchés parisiens, c’est dire des commerces ambulants plus modernes. La feuille de route prévoit également, rappelons-le, l’ouverture de commerces de proximité avec des surfaces réservées aux jeunes vendeurs. Une charte liant les associations de commerçants et de protection des consommateurs sera également mise en place en vue de permettre une coordination pour une meilleure protection des consommateurs contre les hausses des prix et un meilleur respect des règles commerciales sur le marché. Parmi les autres mesures, 6 500 agents seront appelés à effectuer des contrôles de l’application des prix réglementés sur des produits tels que l’huile, le sucre, la farine, la semoule et le lait ainsi que les prix plafonnés. Ils auront également à sanctionner les infractions. Concernant la disponibilité des produits, le ministère du Commerce assure que des stocks de plusieurs mois ont été constitués pour l’huile, le sucre, la farine, la semoule, la poudre de lait et les légumes secs. Ces produits seront disponibles en quantités suffisantes. Quant aux viandes, le même ministère fait état de la disponibilité de près de 186 000 tonnes de viandes blanches et rouges, dont 60 000 tonnes de viande blanche, 56 000 de viande rouge locale, 47 500 tonnes de viande bovine congelée et 21 100 tonnes de viande bovine fraîche importée, ce qui va couvrir en grande partie les besoins.
Le Ramadhan 2019 arrive dans un contexte particulier, le début de l’ère après-Bouteflika et la mise en place d’un nouveau régime commercial, à savoir la taxation des produits suspendus à l’importation au lieu de leur interdiction. «Notre observation du marché semble montrer que les produits frappés par le nouveau régime commercial ne sont pas encore introduits en masse», relève Mustapha Zebdi. La disponibilité de produits prisés au cours du Ramadhan, comme les raisins secs, les pruneaux, sera assurée par les anciens stocks semble-t-il. Reste donc à savoir si le mois de mai verra une introduction massive de ces produits et à quel niveau de prix ? Les prix de ces produits avaient connu une forte hausse sous l’effet des mesures de restrictions, interdiction puis leur suspension à l’importation. On peut se demander enfin si ces mesures permettront d’en finir avec les flambées des prix pendant ce mois particulier. La mesure phare, les prix de référence, pourrait atténuer les tensions sur les prix des produits les plus consommés. Mais il serait naïf de croire que ces décisions seront suffisantes pour juguler les hausses de prix et les infractions aux règles commerciales pendant cette période, tant le marché reste désorganisé, sujet aux pratiques spéculatives et les moyens de contrôle insuffisants. Les mesures de régulation du marché ne sont pas encore toutes activées. Les marchés de proximité, l’une des principales armes, ne seront pas disponibles en nombre suffisant sur tout le territoire national, a fortiori dans les grands centres de consommation. «En attendant la modernisation de notre commerce intérieur, l’Association de protection des consommateurs compte mener des campagnes de sensibilisation pour une consommation modérée pendant le Ramadhan, outre des actions pour protéger les consommateurs pendant cette période», a ajouté Mustapha Zebdi. n