Le ministre du Commerce, M. Saïd Djellab, a effectué une visite d’inspection, tôt hier matin, au niveau du marché de gros des Eucalyptus, à l’est de la capitale. Objectif, s’assurer de visu que les marchés sont bien approvisionnés et que les prix restent sous «contrôle» à l’approche du mois de Ramadhan.

Cette sortie fait suite à une rencontre nationale, tenue jeudi dernier, avec les directeurs régionaux et de wilaya du secteur du commerce, pour évaluer les mesures prises au niveau régional pour assurer des prix raisonnables et un approvisionnement continu.  Avant son arrivée sur place, une file de camions s’est formée à l’entrée du marché pour s’acquitter du droit d’entrée. Les porteurs s’activent tout autour pour décharger et transporter les cageots de melons, de carottes ou de fraises posés dans le hangar principal. A côté, les détaillants attendent munis de leurs factures alors que l’un des responsables du marché de gros note les prix à la main sur un grand tableau -dans l’attente que l’affichage soit numérisé, comme en Bourse. «La marchandise est disponible. A partir d’aujourd’hui (hier, Ndlr), les marchés de proximité s’ouvrent sur l’ensemble du territoire national et nos inspecteurs seront à pied d’œuvre», a annoncé le premier responsable du secteur du commerce. Il a rappelé que le marché de gros est une structure d’approvisionnement où les prix pratiqués doivent être raisonnables. «Il n’y a pas de raison pour que les produits ne soient pas disponibles ou soient chers», a-t-il déclaré. Le même responsable a, par ailleurs, fait référence à la nécessité pour le consommateur d’éviter de succomber à la fièvre acheteuse qui accompagne cette période de jeûne. Une sorte d’appel à une consommation rationnelle des fruits, légumes et de la viande. «L’acteur majeur qui influe sur les prix est le consommateur», selon M. Djellab. «Mais ce dernier a compris qu’il ne faut pas qu’il fasse pression sur les marchés, car cela se répercute sur les prix.»

Parer à la flambée des prix

A noter que 159 marchés de proximité ont ouvert leurs portes sur le territoire national depuis hier, dont neuf dans la seule wilaya d’Alger  (1er-Mai, Bab el Oued, Birtouta, Ouled Fayet, Baraki, Bab Ezzouar et les Eucalyptus), contre trois auparavant. «Les producteurs et les mandataires se sont engagés à pratiquer des prix bas», a indiqué M. Saïd Djellab à l’adresse de la presse, en marge de la visite du marché des Eucalyptus. Il s’est d’ailleurs montré satisfait de la mise en place de ces marchés pour le consommateur. «Le kilo de carotte   oscillera entre 25 et 30 DA au niveau des marchés de proximité, c’est mieux pour le consommateur que de l’acheter sur les marchés de détail à plus de 80 DA», a estimé M. Djellab. Même si, d’autre part, les détaillants venus s’approvisionner ont imputé la différence de prix aux différentes charges liées à leur activité, dont l’accès payant au marché et le transport de marchandises. Concernant les marchés de gros, M. Djellab a formulé le souhait d’y voir les banques, ce qui permettrait, selon lui, de lutter contre l’informel. «Les mandataires se sont dit prêts à opérer par chèques. Il serait préférable que les différents intervenants réalisent leurs transactions par chèque pour plus de transparence et de traçabilité», a indiqué le ministre. Il  a indiqué avoir demandé à ses collaborateurs l’élaboration d’une cartographie des marchés de gros, itinérants et de détail et a appelé à encourager la grande distribution. «L’agriculture ne peut se développer qu’à travers trois segments en aval, un circuit de distribution organisé, une exportation promue et beaucoup de transformation», a conclu le premier responsable du Commerce.

20 à 25% de hausse à l’approche du Ramadha
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Présent au cours de la visite ministérielle, le président de l’Association nationale des commerçants algériens (Anca), El Hadj Tahar Boulenouar, a, pour sa part, imputé la différence des prix entre les marchés de gros et de détail à l’existence de «très peu de marchés de proximité par rapport au nombre de communes à travers le pays». Cela crée une tension sur ces marchés, selon le représentant des commerçants. «Il faudrait encourager la réalisation de marchés de proximité, pas uniquement durant Ramadhan. Cela permettrait aussi de lutter contre l’informel et de créer des emplois», a-t-il affirmé. S’agissant de la hausse des prix actuellement, M. Boulenouar a confirmé l’aspect conjoncturel de cette flambée remarquée ces derniers jours, la situant entre 20 à 25%. «Mais dès la deuxième semaine de Ramadhan, les prix vont revenir à des niveaux acceptables», a-t-il rassuré. Pour les mandataires, appelés par le ministre du Commerce à «contribuer à la stabilité des prix», il s’agit de «produire plus pour que l’offre soit supérieure et réponde, sans importante incidence sur les prix, aux pics de demande». D’autres mandataires ont indiqué que sur le marché du gros, les prix fluctuent naturellement selon la demande, mais qu’il est nécessaire d’encadrer les prix sur les marchés de détail. Concernant l’approvisionnement en viande rouge pendant le mois sacré, le ministre du Commerce a assuré que 50 000 tonnes sont d’ores et déjà stockées suite aux opérations d’importation effectuées depuis un mois.