Le prolongement de la mesure de confinement jusqu’au 29 avril, dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, s’il était incontournable au vu de la persistance de la crise sanitaire, n’est pas moins annonciateur de nouvelles complications sur le quotidien des Algériens, appelés à respecter les restrictions de circonstances. Un véritable test quand on sait que les premiers jours du mois de Ramadhan seront vécus sous les restrictions du confinement qui est en train de bouleverser les comportements et les attitudes.


D’autant plus que les Algériens ont, durant le mois de carême un comportement qui ne laisse point de place à un autre y compris pour les nécessités les plus vitales. La preuve est largement visible à travers les marchés où les gens continuent à s’agglutine faisant fi de toutes les mesures barrières édictées par les autorités sanitaires. Et il est fort improbable de voir nos concitoyens se départir de leurs habitudes comportementales durant le mois de Ramadhan, souvent marqué par une forte affluence dans les marchés et autres espaces publics.
Or, sur ce terrain, les appels de responsables politiques et autres autorités scientifiques n’ont pas manqué de se faire même plus insistants.

Corrélation
Le chef de l’Exécutif, Abdelaziz Djerad, a insisté, dans son communiqué d’avant-hier, annonçant le prolongement de la période de confinement, une nouvelle fois auprès des citoyens.
Le Premier ministre a évoqué la nécessité de respecter les règles préventives édictées en matière de confinement, de distanciation sociale et de mesures d’hygiène qui demeurent dans la situation actuelle les seules barrières de prévention à même de stopper la propagation du Coronavirus».
M. Djerad a relevé, à ce propos, une corrélation entre l’avancée du coronavirus et la non-adhésion des citoyens aux mesures décidées par les autorités en période de crise sanitaire. «Le non-respect de ces règles influera dangereusement sur la trajectoire de cette épidémie jusque-là contenue, car il a été prouvé l’existence d’une forte corrélation entre la propagation du Covid-19 et les négligences liées au comportement des citoyens», a-t-il averti.
Pour sa part, le docteur Mohamed Bekkat-Berkani, membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus, a fait part d’un mois de carême «décisif» quant à l’évolution de la pandémie. «Si nous nous engageons tous au respect des mesures de confinement durant le mois béni, nous sortirons indemnes, et l’épidémie sera déjà derrière nous à l’arrivée de l’Aïd El Fitr», a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse.
S’appuyant sur les dernières statistiques, notamment en matière de mortalité et de cas admis en salles de réanimation, le spécialiste évoque «un bon signe», mais qu’il faudrait consolider avec plus de discipline et de respect des règles de confinement.
«Le respect des mesures du confinement qui est la seule alternative pour la sortie de crise commence déjà à donner de bons résultats», a relevé M. Bekkat, d’où son insistance à ce que les citoyens prennent «leurs dispositions pour s’acclimater à une vie quotidienne à la maison».
Le médiateur de la République, Karim Younès, a déclaré, quant à lui, que la décision de prolonger la période du confinement intervient à l’approche de la période de Ramadhan, «ce moment cher au cœur de tous car il est l’occasion de retrouvailles familiales». Il a relevé dans ce sens, que «malheureusement, cette année ne s’annonce pas favorable au respect de ces traditions», ajoutant que «nous n’avons d’autres choix que de nous conformer au principe de précaution car la pandémie demeure toujours menaçante».

Adaptation et efforts sur soi !
Chez les instances religieuses, on ne s’est pas encore exprimé de manière franche quant à la façon avec laquelle seront observés les rituels du mois de Ramadhan, exception faite de la Coordination nationale des imams et des fonctionnaires des Affaires religieuses, qui a appelé le ministère à ordonner la diffusion des enseignement religieux du soir dans toutes les mosquées, via les haut-parleurs 15 minutes avant l’appel à la prière des «tarawihs» .
Ailleurs, et plus précisément en Arabie Saoudite, c’est le Conseil des Oulémas, plus haute autorité religieuse du pays, qui a rendu publiques des recommandations appelant à la préservation de la santé publique durant le mois béni.
«Les musulmans sont appelés à se conformer strictement aux recommandations des autorités compétentes de leur pays ou du pays de leur résidence, visant à préserver la santé publique et à freiner la propagation de l’épidémie du coronavirus», a suggéré le Conseil.
Ce dernier appelle ainsi les fidèles à accomplir les prières obligatoires et celle de tarawih chez eux «si les autorités compétentes de leur pays ou du pays de leur résidence venaient à prendre une telle décision».
Pour sa part, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), au-devant de la lutte contre la pandémie et en prévision de ce mois de jeûne, a publié cette semaine une série de recommandations.
A cet effet, l’annulation de certaines pratiques religieux devraient être «considérée sérieusement», préconise notamment l’OMS, qui a insisté sur le respect de la règle de prévention de la «distance physique d’au moins un mètre à tout moment» qui devrait être observée entre les fidèles. n