Environ 38 personnes sont mortes dans un raid aérien de la coalition sous commandement saoudien, survenu vendredi, sur la capitale yéménite Sanaa. Selon les médias, les victimes sont des rebelles Houthis dont deux commandants.

Selon la chaîne de télévision Al-Arabiya, ce raid a visé un bâtiment du ministère de l’Intérieur contrôlé par le mouvement Ansar Allah Houthis. La chaîne d’Etat saoudienne El-Ekhbariya a indiqué qu’au moins deux chefs Houthis figuraient parmi les morts. De leur côté, les insurgés de Sanaâ ont confirmé un raid dans la capitale yéménite qu’ils contrôlent, sans fournir d’autres précisions. Cette frappe aérienne a été annoncée le jour où étaient prévues à Sanaâ les obsèques de Saleh al-Sammad, le  plus haut responsable politique Houthi qui dirigeait le Conseil politique suprême de la rébellion, l’équivalent du président des territoires  contrôlés par les Houthis. Al-Sammad été tué le 19 avril dans un raid ciblé, revendiqué par la coalition menée par Ryad dans la province yéménite de Hodeida (ouest).
Ce nouveau raid  est « le plus grand succès de la coalition jusqu’ici et cela indique que ses capacités de renseignements s’améliorent », selon Adam Baron, expert à l’European Council on Foreign Relations. Mais, ajoute-t-il, dans le passé, les Houthis « ont perdu des leaders clés » et ils « ont réussi à rebondir ». Depuis six mois et un premier tir rebelle de missile balistique vers l’aéroport de Ryad, il y a eu une intensification des tirs de missiles par les Houthis sur l’Arabie saoudite. Ryad accuse le grand rival iranien de fournir ce type d’armements ainsi que des drones aux insurgés, ce que Téhéran conteste vigoureusement. L’Arabie saoudite dit intercepter systématiquement ces missiles. La multiplication des frappes de la coalition contre les rebelles intervient alors que le nouveau Secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo était attendu, hier samedi à Ryad, pour sa première prise de contact à ce poste avec les dirigeants saoudiens. Iran, Yémen, Syrie et l’avenir de Jérusalem devraient figurer en bonne place dans les discussions. Le conflit au Yémen, qui a fait près de 10 000 morts, a provoqué « la pire crise humanitaire du monde », selon l’ONU. Il a pris progressivement une tournure de « guerre par procuration » entre l’Arabie saoudite sunnite et l’Iran chiite. Le 17 avril, le nouvel émissaire de l’ONU pour le Yémen, le Britannique Martin Griffiths, a promis au Conseil de sécurité de lui fournir « dans les deux mois un cadre de négociations », alors ses prédécesseurs ont échoué à mettre fin à la guerre. Mais il s’est montré prudent en prenant note du « redoublement » des violences.