L’incendie qui s’est déclaré dans la zone industrielle de Skikda, lundi après-midi, a finalement coûté la vie à l’un des trois employés atteints de brûlures à différents degrés. C’est hier matin que cet employé, travaillant comme contractuel dans une entreprise de sous-traitance, a succombé à ses blessures à l’hôpital de la ville où il avait été évacué en urgence ainsi que ses collègues.

PAR INES DALI
L’incendie est survenu dans «la zone industrielle de Skikda, au cours d’une opération de ravitaillement en Xylène d’un camion au niveau de la station de ravitaillement de la raffinerie RA1K», a indiqué la société nationale des hydrocarbures Sonatrach dans un communiqué, ajoutant qu’il a été «immédiatement maitrisé par les unités d’intervention de la sécurité interne de Sonatrach» et que «les unités de production du complexe sont toujours en marche et continuent de travailler normalement».
Cet incident n’est pas le premier du genre dans la raffinerie de Skikda, ce qui relance le débat sur la sécurisation de ce site pétrolier et gazier important à plus d’un titre, du fait, entre autres, qu’il comprend six unités de traitement de gaz et d’hydrocarbures. Il y a moins d’un an, un incendie s’y était également déclaré.
Le 30 novembre 2021, un incident s’est produit au niveau de l’unité Reforming de la raffinerie, qui était à l’arrêt pour des travaux de maintenance. L’incendie avait également coûté la vie à l’un des travailleurs, celui dont les brûlures étaient déjà diagnostiquées comme «les plus sérieuses» dès le début. Il avait 35 ans et était père de deux enfants. Il y a été enregistré, en outre, 6 autres blessés recensés parmi les travailleurs qui se trouvaient dans la raffinerie, dont quatre ont subi des brûlures superficielles et deux déclarés «traumatisés». L’incendie était causé par «la survenue d’une flamme incandescente lors de l’ouverture d’une bride d’échangeur» durant une opération de maintenance routinière de cette installation pétrolière. Il a été «immédiatement maitrisé par les agents d’intervention de la raffinerie».
Suite à l’incendie de novembre dernier, le président-directeur général de Sonatrach, Toufik Hakkar, s’est rendu à Skikda où il a donné des instructions strictes pour élever le niveau d’engagement aux règles de protection et de respect des mesures préventives dans les installations industrielles et pétrolières relevant du groupe.
Aujourd’hui, avec ce deuxième incident en moins de neuf mois dans la raffinerie de Skikda, la sécurisation de ce site, et de tous les autres sites et champs pétroliers et gaziers au Nord et au Sud, devient plus qu’un impératif. L’ensemble des travailleurs sont tenus à plus haute vigilance, en plus des moyens devant être déployés pour la sécurité des différentes unités. D’où, il y a nécessité «d’appliquer strictement» les lois relatives au contrôle de la sécurité des installations pétrolières et de respecter les conditions et les normes requises dans les activités liées au secteur des hydrocarbures. C’est dans ce sens que le premier responsable de Sonatrach s’est exprimé lors de sa visite à Skikda, où il a inspecté le déroulement de l’activité des installations à la zone industrielle pétrochimique et tenu une réunion avec les responsables de la raffinerie de Skikda et de la filiale Somik pour s’enquérir des faits de l’incident survenu à la raffinerie le 30 novembre et des résultats de l’enquête technique mais aussi pour déterminer les responsabilités. A cet égard, Hakkar a mis en exergue que le respect des mesures de prévention et de sécurité lors des opérations de maintenance périodique est «la responsabilité de chacun».
Mais sans aucun doute, l’incident le plus grave dans la raffinerie de Skikda était celui de janvier 2004. Les travailleurs ne sont pas près d’oublier la très forte déflagration qui s’était produite au complexe de liquéfaction GNL suivie d’un incendie. Trois unités de liquéfaction sur les six que comporte le complexe GL1/K ont été fortement endommagées et soumises à un feu intense.
Le plan d’assistance mutuelle, prévu à cet effet, entre les unités de la plateforme pétrochimique sous la direction de l’Entreprise de gestion de la zone industrielle (Egzik) a été immédiatement mis en œuvre pour confiner le sinistre aux trois unités touchées et éviter sa propagation aux autres installations du complexe avec mobilisation de l’ensemble des moyens humains et matériels de la plateforme. Ce plan d’assistance mutuelle a aussitôt été suivi par le déclenchement du plan Orsec. Le bilan final était très lourd avec 27 victimes parmi les employés dont 9 agents de sécurité situés dans un poste proche, et 74 blessés dont 43 ont quitté l’hôpital dès le lendemain. La majorité des décès était liée aux effets de surpression ou de projection et effondrements de structures. La facture des dégâts matériels était bien salée. Elle était alors estimée à 800 millions de dollars ! <