Les raffineries de pétrole en Algérie « suffisent » pour couvrir la demande nationale en carburant, estimée à 15 millions de tonnes. Depuis fin 2018, nous n’avons effectué « aucune importation » de carburant et toute la production disponible sur le marché est algérienne. Ces propos sont tenus par le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, lors d’une visite effectuée dans la wilaya de Chlef. Ce fait est perçu comme une très bonne nouvelle pour un système de raffinage qui est passé à un rythme de production élevé. Une prouesse qui, il n’y a pas si longtemps, semblait presque irréalisable. Le raffinage a ainsi changé du tout au tout, et en l’espèce, le pays a atteint le stade d’autosuffisance, malgré des coûts de développement des installations en partie nettement plus élevés. Le pays a joué la carte de la rénovation des raffineries existantes et du rachat. Et, cela semble lui avoir bien réussi. Il est ainsi parvenu à donner de l’épaisseur à la production, alors que la consommation de carburants prenait des proportions inquiétantes. L’opération de réhabilitation et de rénovation a apporté plus de fraîcheur aux sites de raffinage, faisant augmenter leurs niveaux de production. Lors d’une inspection, dernièrement, à la raffinerie de Sidi R’cine à Alger, le ministre de l’Energie avait déclaré que la réhabilitation des raffineries de pétrole en Algérie, conformément aux normes internationales, devrait permettre de renforcer les capacités nationales de production et de ne plus importer de carburant. Cette opération nous conduira inévitablement à réaliser un excédent de production, qui pourra faire l’objet d’exportation à l’avenir, avait-il ajouté. Promesse tenue, même si le moteur de développement en matière de raffinage a eu des ratés et n’a pas attient la pleine puissance sur le site d’Augusta, en territoire italien. Augusta, ex-filiale du groupe américain ExxonMobil, racheté, fin 2018, par Sonatrach, fonctionne toujours au ralenti avec des opérations de maintenance déjà réalisées ou encore en cours de planification, alors que cette raffinerie devait être opérationnelle fin décembre 2018. Il reste cependant à régler la question de la consommation de gaz qui évolue autour d’un rythme de croissance élevé. Plus de 20 milliards m3 de gaz sont destinés annuellement à la production de l’électricité. Ce volume de gaz est « énorme». Si le pays n’arrive pas à le réfréner, cela risque d’hypothéquer l’avenir des exportations gazières. Aussi, est-il plus que nécessaire de s’orienter vers les énergies renouvelables pour produire de l’électricité afin d’économiser ce combustible fossile, a recommandé Mohamed Arkab. Le ministre est revenu sur le projet visant la production à moyen terme de 5 600 MW à partir d’énergies renouvelables, telles que l’énergie solaire et éolienne. Il assure que l’Etat mobilisera tous les moyens afin d’exploiter d’autres ressources pour générer cette énergie vitale. En réponse à une question sur les coupures de courant électrique, enregistrées dans certaines régions, le ministre a expliqué que ce problème est dû à une consommation excessive de cette énergie, rassurant que la production en électricité permet de couvrir toute la demande nationale, faisant savoir qu’un pic de consommation a été enregistré le 7 juillet courant aux heures de pointe, avec une moyenne de 15,133 MW pour une capacité de production de 20 000 MW. Au chapitre de la révision de la tarification de la consommation de l’électricité, Arkab a rappelé que la question ne figure pas dans l’agenda de son département. n