Contacté par Reporters, l’économiste a énuméré les solutions pour éviter un effondrement de l’économie nationale, qui risque de se produire si des mesures fortes ne sont pas prises rapidement par le gouvernement.
«La priorité des priorités est la santé, mais il faut penser à la continuité économique et aux entreprises. Parce que la pandémie met en péril et l’économie nationale et les entreprises. Cette situation risque de conduire à l’effondrement de l’économie nationale. Il convient d’assurer la continuité économique (ndlr dans ces circonstances graves). Pourquoi? Tout simplement, parce que cette situation va peser. Si les entreprises ne sont pas là quand le Coronavirus sera vaincu, qu’est-ce qui va se passer lorsqu’il s’agira de relancer la machine économique ? (ndlr en faillite ou en grave difficulté). L’Etat dans ces circonstances a un rôle primordial à jouer et les banques également. Ils doivent assurer la continuité de l’économie. Et pour l’instant, presque tout le monde est discret sur le sujet. Il y a des questions qui doivent être mises sur la table pour sauvegarder les entreprises.
Parmi les premières mesures qui doivent être prises figurent notamment le report des obligations sociales (paiement des cotisations sociales) et des obligations fiscales. Il convient également que les banques au cas par cas accordent un délai supplémentaire, un différé sur le paiement des échéances de la dette existante.
Plusieurs entreprises dans la situation actuelle n’ont pas de trésorerie. Il faut faire de «la new money», c’est-à-dire assurer ce besoin de trésorerie. Est-ce que l’Etat va accepter de donner sa garantie aux banques ? L’Etat français en l’occurrence a donné des garanties pour l’équivalent de 300 milliards d’euros aux banques pour qu’elles octroient des crédits d’exploitation aux entreprises (ndlr pour financer leur besoin de trésorerie). Il va falloir également que l’Etat règle ses arriérés (ndlr paiement des situations de travaux pour les entreprises du BTPH, des services impayés concernant des entreprises d’autres filières). Il faut que l’Etat respecte les délais de paiement. Autre problème concret, traiter le chômage qui s’annonce en hausse. Il convient aussi de remettre sur le tapis l’urgence d’un filet social en direction des chômeurs. Il est indéniable que la priorité des priorités est la santé, mais il ne faut pas négliger les conséquences économiques de cette pandémie. Il convient d’assurer la continuité des entreprises. Ce n’est pas la peine d’inventer le fil à couper le beurre. Il faut se référer à ce qui se fait ailleurs dans le monde, en Europe, aux Etats-Unis. Bien évidemment, ce n’est pas facile parce que les finances de l’Algérie sont déjà bien dégradées».