Le marché enregistre un équilibre entre l’offre-demande en essences super et essence sans plomb, encouragé par la suppression progressive du plomb dans les essences et un déficit en gasoil, ainsi qu’une légère reprise de la demande, qui avait été freinée par les effets de la crise sanitaire.

Par Khaled Remouche
Le marché des carburants enregistre une reprise de la consommation en 2021. C’est ce qu’a indiqué Rachid Nadil, président de l’Agence de régulation des hydrocarbures (ARH), contacté hier par Reporters. «Il est prévu une consommation d’essence de 3,75 millions de tonnes en 2021, contre 3,9 millions de tonnes en 2019, et 3,4 millions de tonnes en 2020». Le niveau de 2019, c’est-à-dire d’avant la crise sanitaire, ne sera pas atteint.
«La pandémie est toujours là, explique Rachid Nadil. Le marché des carburants a enregistré une légère croissance de la consommation des essences le premier semestre 2021». La tendance à la prédominance du diesel ou gasoil dans la consommation des carburants en Algérie persiste. L’Algérie a consommé, en 2019, 10 millions de tonnes d’essence gasoil. Cette consommation avec la pandémie a chuté à 9,2 millions de tonnes.
Les prévisions de l’ARH tablent sur une consommation de 10 millions de tonnes d’essence gasoil en 2021. Concernant l’offre, Sonatrach aujourd’hui satisfait la demande domestique en carburants. En 2021, la compagnie pétrolière nationale a annoncé ne pas avoir importé d’essences. Cependant, Rachid Nadil reconnaît l’existence d’un gap. «Précisément, nos besoins d’importation se situent entre 800 000 et 1 million de tonnes d’essence gasoil. Nous continuerons à importer cette essence en 2021.» Ce sera probablement le cas en 2022, 2023. Il faudra attendre la mise en service, dans deux ou trois ans, de la raffinerie de Hassi Messaoud, pour assister à un équilibre entre l’offre et la demande de gasoil. Cependant, Rachid Nadil observe que ces importations ont nettement diminué depuis l’achèvement des travaux de réhabilitation des raffineries de Skikda et de Sidi Arcine à Alger. Les importations de gasoil étaient de 2,5 millions de tonnes/an contre 800 000 à 1 million de tonnes actuellement.

«L’Algérie continuera à importer du gasoil»
L’Algérie n’importe plus les essences super et sans plomb. L’opération de suppression du plomb dans les essences, qui a commencé en septembre dernier, a contribué et contribuera à la réalisation de cet objectif. «Ce chantier sera achevé fin juin», a annoncé le ministre de l’Energie, lors de la rencontre sur ce sujet organisée lundi dernier par son ministère. A partir du 1er juillet, il n’y aura plus d’essence avec plomb commercialisée. Seules deux essences seront commercialisées, à savoir l’essence sans plomb et gasoil. En d’autres termes, on ne trouvera plus au niveau des stations de d’essence, celle normale ni super. Cette mesure aura des bienfaits écologiques et contribuera à l’équilibre entre l’offre et la demande en essence. Les travaux consistent à éliminer les traces de plomb dans les surfaces de stockage et, particulièrement, dans les stations d’essence. «Quasiment toutes les stations-services sont prêtes à la commercialisation des essences sans plomb, à l’exception de celles loin des centres urbains», assure Rachid Nadil. A l’évidence, le gasoil continuera à être distribué dans les stations-services.
Concernant le GPL carburant, la tendance est à la hausse de la consommation. Le marché a enregistré 850 000 tonnes en 2019, 1 million de tonnes en 2020. L’ARH prévoit une consommation de 1,1 million de tonnes de GPL carburant en 2021. Il a été converti 600 000 véhicules au GPL à fin 2020, alors que 100 000 conversions sont prévues en 2021. Cette tendance à la hausse s’explique par une augmentation du nombre de véhicules convertis au GPL et l’effet prix.