Par Sihem Bounabi
Le départ des médecins algériens vers l’étranger motivée par de meilleures conditions socioprofessionnelles se poursuit, a affirmé le Professeur Rachid Belhadj, président du Syndicat national des enseignant chercheur hospitalo-universitaires (SNECHU) et directeur des activités médicales et paramédicales à l’hôpital Mustapha Pacha d’Alger.
«Rien que durant l’année 2022, nous avons recensé le départ de 80 hospitalo-universitaires entre radiologues, ophtalmologues, dermatologues, urologues et réanimateurs», a-t-il déclaré sur les ondes de la radio chaine 3. Pour le directeur des activités médicales et paramédicales à l’hôpital Mustapha Pacha d’Alger c’est «une véritable saignée pour le système de santé et pour tout le pays».
Pour le Professeur Rachid Belhadj, «le comble est que l’Algérie transfère des malades à l’étranger pour se faire soigner par ces compétences qu’elle a elle-même formées».
Face à cette situation, le président du SNECHU insiste pour une véritable prise en charge des revendications de la corporation en estimant qu’«il est temps de revoir le suivi des carrières et la formation de ce corps. Il rappellera que des négociations sur le statut des hospitalo-universitaires ont débuté depuis lundi dernier, avec le ministère de la Santé, pour améliorer les rétributions et l’organisation du travail. Il précise que parmi les points abordés, la question du régime indemnitaire a été mis en exergue en soulignant que «tout le monde s’accorde à soulever la nécessité de revoir le régime indemnitaire d’une manière réfléchie et efficace».
Le Pr Rachid Belhadj soulève aussi l’importance de la mise en place d’une véritable évaluation des activités de santé en soulignant qu’«il faut évaluer les gens et donner des primes de performances et d’encouragements aux gens qui travaillent et qui le méritent».
Le volet de la formation est aussi classé en tant que priorité par le SNECHU notamment en en formant les jeunes compétences aux nouveautés dans le secteur de la santé à l’exemple des nouvelles thérapies.
Concernant l’amélioration de la prise en charge efficace des malades, le président de SNECHU souligne la nécessité de créer un pont entre le secteur public et le secteur privé en précisant que «nous avons insisté en tant que syndicat qu’il faut le réglementer, le surveiller et s’il y a des dérives il faut évidemment le sanctionner».
Il a également abordé la problématique de la prise en charge des malades au niveau des urgences en se désolant du manque de sectorisation, ainsi que du manque de gestion de coordination entre les polycliniques et les urgences des centre hospitalo-universitaires et de coordination entre les secteurs privé et public d’où l’importance de la révision de la carte sanitaire.
Dans un registre plus large, le Pr Rachid Belhadj a pointé du doigt le financement du système de la santé. Il estime à ce sujet que l’«on doit sortir de la formule classique du financement à travers le trésor public et de la CNAS en trouvant d’autres sources de financement, notamment à travers d’autres institutions qui bénéficie du secteur de la santé publique, d’où la nécessité d’ouvrir un large débat pour trouver des solutions efficaces et pérennes» et «ceci sans remettre en cause la gratuité des soins qui est un acquis historique depuis l’indépendance». n