Le Pr Rachid Belhadj, président du Syndicat des professeurs et chercheurs universitaires et Directeur des activités médicales au CHU Mustapha-Bacha d’Alger, a lancé, hier, un appel aux autorités concernées pour intensifier la campagne de sensibilisation, afin d’inciter les Algériens à se faire vacciner contre le coronavirus.

Par Sihem Bounabi
En effet, le Pr Rachid Belhadj a exprimé son inquiétude concernant la campagne de vaccination en cours et se désole du faible taux des personnes vaccinées ne dépassant pas les 17%. Il estime à ce sujet que «c’est un faible pourcentage, surtout si on veut atteindre l’immunité collective et sortir rapidement de cette crise sanitaire». Le professeur tire ainsi la sonnette d’alarme sur la nécessité de convaincre les Algériens à se faire vacciner d’autant plus, qu’actuellement, les vaccins sont largement disponibles.
Le Directeur des activités médicales au CHU Mustapha-Bacha d’Alger illustre ces propos par les chiffres enregistrés au niveau de la tente installée à l’hôpital, où en moyenne une centaine de personnes par jour se présentent pour se faire vacciner. Un chiffre très bas par rapport aux ambitions de la campagne de vaccination, d’autant plus alarmant que le pourcentage de personnes vaccinées ne couvre pas les catégories des personnes vulnérables, en l’occurrence les personnes âgées et les malades chroniques.
Le Pr Rachid Belhadj estime que ce faible taux d’affluence des citoyens pour se faire vacciner est due, d’une part, à un manque flagrant de la campagne de sensibilisation et, d‘autre part, aux fausses informations qui circulent sur les réseaux sociaux sur la dangerosité des effets secondaires du vaccin contre le coronavirus. Il réfute ainsi ces fausses informations sur la dangerosité du vaccin en soulignant que «c’est de l’intox» et en réaffirmant que «selon les études scientifiques, pour le moment, aucun cas grave dû aux effets secondaires ou de cas mortels n’ont été constatés suite à la vaccination contre le coronavirus». Fort de ce constat, il a encore une fois insisté sur l’importance d’intensifier les campagnes de sensibilisation pour la vaccination contre le coronavirus impliquant toutes les parties concernées, en l’occurrence les autorités sanitaires et la société civile.
L’intervenant sur les ondes de la Radio nationale insiste sur l’importance d’intensifier la campagne de vaccination d’autant plus que les chiffres de propagation du virus sont en nette augmentation actuellement. Commentant la situation épidémiologique actuelle, il a indiqué que «si on doit comparer l’évolution de la situation épidémiologique entre juin 2020 et juin 2021, le constat est que le nombre de contaminations à la Covid-19 a triplé cette année».
Dans ce sillage, le responsable de l’hôpital Mustapha-Bacha se désole que malgré les larges campagnes de sensibilisation pour le respect des gestes barrières, «les Algériens sont de plus en plus négligents avec un relâchement généralisé des gestes préventifs, ce qui conduit inéluctablement à la progression alarmante du nombre de contaminations à la Covid». Il déclare également que l’hôpital «reçoit en moyenne quotidiennement de 30 à 50 patients, dans les unités Covid avec en moyenne 6 cas d’hospitalisation par jour pour les cas les plus graves».
Il précise également, que si par le passé les foyers de contamination étaient pour la plupart détectés dans le milieu professionnel, actuellement, le constat est que ces foyers de contamination «se développent de plus en plus dans le milieu familial, où il suffit qu’un seul membre soit porteur du virus pour qu’il contamine tous les autres membres de la famille avec un réel danger pour les malades chroniques et les personnes âgées».
Il appelle ainsi au respect strict des gestes barrières avec la venue de la saison estivale qui rime avec les célébrations des fêtes familiales, en incitant les Algériens à redoubler de vigilance d’autant plus que les services de réanimation des hôpitaux risquent d’être rapidement saturés. Il précise à ce sujet que «la capacité de l’hôpital ne peut aller au-delà de 20 lits d’hospitalisation en unité de réanimation, car ce sont des prises en charge très lourdes et qui demandent beaucoup de moyens matériels et humains».
Il a dénoncé dans ce sillage les célébrations des fêtes de mariage clandestinement bien que ce soit interdit par la loi car il y a un grand risque de création de clusters et de propager le virus même dans des wilayas où il est inexistant.
Par ailleurs, sur les récentes déclarations de l’apparition d’un variant algérien du coronavirus, le Pr Rachid Belhadj, président du Syndicat des professeurs et chercheurs universitaires, a été catégorique : «Les informations relayées sur l’apparition d’un variant algérien sont infondées et ne reposent sur aucune donnée scientifique.»
Pour rappel, samedi dernier, le Professeur Mohamed Zeroula assistant en épidémiologie à l’ESH El Hadi-Flici à Alger, a annoncé la découverte d’un variant algérien est imminent d’autant que le virus a tendance à s’acclimater à l’environnement. Le Pr Mohamed Belhadj affirme face à de telles déclarations que «la seule institution habilitée à se prononcer sur une l’existence d’un variant algérien ou autre, c’est bien l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ou l’Institut Pasteur spécialisé dans les recherches épidémiologiques». n