Parfois, on rate de belles occasions pour se taire. Quand le ballon dort, le silence est d’or. C’est fou. Mais il parle de tout. Sauf du football. Rabah Madjer, le sélectionneur de l’équipe nationale, talonne en touche. Sa notoriété, il ne veut pas qu’on l’égratigne bien qu’il ne s’empêche pas de toucher les autres dans leur dignité.

On a beau essayer de différencier le coach du footballeur et de faire le distinguo, mais il nous gave parfois avec son égo. Madjer est un grand joueur quand bien même la grandeur réside aussi dans l’humilité. Celle de respecter l’opinion et ne pas lui raconter des absurdités. Quand le brushing est bien en place, il ne faut pas faire dans le « tiré par les cheveux ». On aurait aimé que ça décoiffe sur le terrain plutôt que de voir des crêpages de chignons générationnels coûter sa place au talentueux Feghouli. Même si son crâne est constamment rasé.
Faire table rase, c’est ce que le driver des « Verts » tente de faire. Il y a procédé en engageant des bras de fer. Pour se défaire de la pression, il a boudé la presse. Le silence radio puis le boucan et charabia télévisuels. Une sortie télévisée pour assurer que les choses sont bien vissées. Qu’il est aussi cloué à ce poste bien que notre sélection soit entre le marteau et l’enclume. Pourtant, footballistiquement, rien de salivant ou qui puisse donner de l’écume. La satiété ? Seul le coach des Fennecs la connaît. Ou presque. Loin du lot de terrain, il nous promet un lot de surprises pour un avenir qu’on craint similaire au passé. Cette époque où l’Algérie peinait même à se qualifier pour la CAN. Cette ère quand notre football avançait à la canne. Madjer est là, à réclamer du temps pour sublimer la sélection et lui donner de l’allant. Allons monsieur! Arrêtez de demander et rendez-vous à l’évidence. Vous avez fait votre temps. Quant à nous, la seule chose qu’on pourrait vous offrir c’est ce proverbe algérien qui dit que « el mehboul y’wensou hditou » (le fou ne trouve satisfaction que dans ses dires).