Les festivités officielles commémorant les manifestations du 11 Décembre 1960 seront marquées par un programme qui revêt un caractère à la fois protocolaire et académique.

C’est le wali en personne, Ali Benyaïche, qui présidera les différentes cérémonies programmées ce mardi dans ce cadre. Ainsi, un recueillement solennel à la mémoire des Chouhada sera observé au cimetière des martyrs de Hennaya. Avant la visite d’une exposition dédiée à cet évènement historique, organisée au sein de la bibliothèque centrale Abdelmadjid-Meziane à Imama. Le Pr Amar Bentoumi fera une intervention sur la dimension et la portée historiques du 11 décembre. Amar Bentoumi a été avocat du PPA-MTLD de 1947 à 1954, puis avocat du FLN jusqu’en 1962. Député de Constantine à l’Assemblée constituante, il a été le premier ministre de la Justice de l’Algérie indépendante. Après un désaccord avec Ben Bella qui l’a poussé à quitter le gouvernement, il a été interné en compagnie de Farhat Abbas à Adrar.. Pour sa part, le Pr Mohamed Laïb, psychologue, fera une approche psychologique des manifestations du 11 décembre 1960. Trois professeurs seront honorés à cette occasion. Il faut rappeler que 58 années sont passées depuis la révolte pacifique des Algériens, qui sont sortis dans la rue pour revendiquer l’indépendance de leur pays. L’étincelle a pris feu à Ain-Temouchent, un village paisible à cette époque, garni par les colons. Avant de se répandre telle une trainée de poudre pour atteindre toutes les villes algériennes. Charles De Gaulle qui avait décidé d’effectuer une visite en Algérie, le 9 décembre 1960, a atterri à l’aérodrome de Zenata (Tlemcen), pour faire une virée à Aïn-Témouchent. Son choix de cette ville était pour la stratégie politico-militaire française très important, vu que le territoire de l’Ouest était sous contrôle et commandement de la Wilaya V, une wilaya stratégique qui regroupait un effectif très fortifié de l’ALN en hommes et en matériel de guerre. Le général De Gaulle, président de la Ve République française à l’époque, a misé sur les conditions sociales du peuple algérien pour soumettre le 9 décembre 1960 à Aïn-Témouchent son projet au peuple algérien, basé sur des réformes alléchantes dans différents domaines et que cependant « les Algériens n’ont pas été séduits par ces promesses et ont revendiqué leur indépendance » au moment où les colons ont levé des slogans hostiles conduisant à des affrontements violents et une répression féroce contre les Algériens menée par les forces de l’ordre coloniales. Le lendemain, soit la veille du soulèvement populaire (le 10 décembre 1960), le général de Gaulle prononce un discours à l’Hôtel de Ville de Tlemcen. D’une voix ferme, il s’adresse aux deux communautés, Musulmans et Français d’Algérie, et les invite à coopérer pour construire ensemble « l’Algérie de demain ». Il prêcha dans le désert au bout du compte.