Cinq jours sont passés depuis le lancement officiel de la campagne nationale contre la «mafia» de la semoule et on parle déjà de «pénurie» de ce produit du côté des commerçants. L’Association nationale des commerçants et artisans algériens (ANCAA) prévient, en effet, contre un risque de pénurie de semoule dans une semaine. 

«Les commerçants, qui n’ont pas encore puisé leurs stocks de semoule achetés à prix élevés chez les grossistes, vendent leurs produits à perte depuis le lancement de la campagne nationale contre la mafia de la semoule le 1er février. Et ce, de peur qu’ils soient poursuivis en justice par les citoyens ou par les directions de commerce», explique le président de cette association Hadj-Tahar Boulenouar. Et afin de ne pas continuer à vendre à perte, selon lui, ces mêmes commerçants ont décidé de ne plus s’approvisionner en semoule tant que les grossistes et les minoteries privées continuent à distribuer ce produit subventionnés à des prix non réglementés. L’Association de protection et d’orientation des consommateurs et de l’environnement (Apoce), qui a lancé cette campagne, constate pour sa part que toutes les minoteries privées, sans exception, pratiquent des prix non réglementés de la semoule.
«Certaines minoteries, depuis le 1er février, ont pris quelques jours de vacances et d’autres ont donné des instructions à leurs grossistes de ne rien distribuer pour le moment. Histoire d’évaluer l’impact de cette campagne. Une minoterie privée a décidé de stopper carrément la production de la semoule, se contentant des pâtes», indique le président de cette association, Mustapha Zebdi, assurant que l’association reçoit des centaines d’appels quotidiennement sur son numéro 33 11, de la part des citoyens comme des commerçants, pour dénoncer les pratiques illégales en matière de prix de la semoule. «Des commerçants de gros à Sétif comptent porter plainte contre des minoteries privées auprès de la direction du commerce pour dénoncer des pratiques de surfacturation et de monopole sur la semoule. Pour notre part, nous avons entrepris des requêtes au niveau de toutes les directions de commerce pour intervenir.
Certaines ont répondu favorablement à nos requêtes et même organisé des rencontres avec des commerçants.
D’autres n’ont pas vu d’un bon œil notre requête. De même que les directions de la répression et de la fraude qui n’ont pas soutenu notre action et qui n’ont pas réagi à ce jour», fait-il savoir. Mais à partir de la semaine prochaine, avertit M. Zebdi, l’association, au nom des consommateurs, commencera à déposer plainte contre chaque commerçant qui ne respecte pas le prix réglementé de ce produit. L’ANCAA, quant à elle, compte afficher, dès la semaine prochaine, également, la liste des noms des marques qui augmentent le prix de la semoule.