Par Khaled Remouche
Le poulet était cédé, hier, entre 390 et 410 dinars le kilogramme contre 330, 340 dinars le premier jour du mois, soit environ 20% de hausse, ce qui représente une augmentation importante. Les ménages en subissant ainsi de plein fouet les effets de l’absence ou de l’insuffisance de la régulation voient leur pouvoir d’achat s’éroder encore une fois.
Les mesures prises par le ministère du Commerce pour réguler le marché se sont avérées insuffisantes en ce début de Ramadan. Pour preuve, la protéine animale la plus consommée par la majorité de la population durant ce mois n’a pas été épargnée par le phénomène de la hausse des prix importante et récurrente durant cette période particulière de l’année.
En effet, les prix du poulet étaient hier en hausse, 390 dinars contre 330-340 dinars, soit une hausse de près de 20%.
Mustapha Zebdi, président de l’Association de protection des consommateurs et son environnement (Apoce), nous affirmait mercredi soir : «Les prix du poulet vont augmenter dès jeudi. Chez les producteurs de viande blanche, le poulet était cédé à 280-300 dinars contre 230 dinars la veille de Ramadan. Il y a un écart d’environ 100 dinars entre les prix à la production et les prix au détail. Dès jeudi, les prix du poulet vont atteindre entre 380 et 400 dinars». C’est ce qui s’est passé. Plusieurs marchands de volaille affichaient jeudi ce prix. Hier, ils oscillaient entre 390 et 410 dinars. L’escalope de poulet était cédée entre 800 et 850 dinars et l’escalope de dinde entre 850 et 900 dinars, soit une hausse de 50 à 100 dinars le kilogramme par rapport au premier jour de Ramadan chez certains détaillants. Cette nouvelle hausse des prix du poulet, Mustapha Zebdi l’explique par au moins trois facteurs. Le premier est une offre en baisse et une demande en hausse en raison à l’évidence d’une plus grande consommation de ce produit au cours de ce mois. Et l’injection de quantités de viande blanche stockées par l’Onilev, l’office public chargé de réguler le marché, n’a pas eu encore d’impact sur la stabilité des prix de ce produit de très large consommation. L’autre explication, ajoute Mustapha Zebdi, le poulet vendu est le fruit d’un cycle de six à sept semaines, c’est-à-dire durant la période où les prix de l’aliment pour la volaille avaient connu une hausse très importante en raison de leur flambée sur les marchés. Ce produit est arrivé à maturation les premiers jours de Ramadan et donc a subi l’effet de la hausse des prix de l’aliment pour volaille. La suppression de la TVA sur l’aliment destiné à la volaille n’aura d’impact que dans plus d’un mois. Dans six à sept semaines arrivera à maturation une nouvelle production qui bénéficiera de la réduction fiscale. Ce qui pourrait stabiliser le marché à cette échéance. Troisième facteur, le déstockage des quantités de poulets par l’Onilev semble la seule solution pour réguler le marché, faute d’organisation de cette filière, un chantier en rade depuis plusieurs années. Or, comme avancé précédemment le marché n’a pas réagi aux affirmations officielles selon lesquelles des quantités importantes de viande blanche stockées par l’Onilev seront injectées sur le marché. En d’autres termes, cet office n’a pas encore inondé le marché. Du moins, pour que cette condition soit satisfaite, il faudrait que les points de vente de ces offices soient systématisés dans l’ensemble des centres de consommation, les quartiers populaires et les communes à densité de population importante. Ce qui n’est pas le cas actuellement. L’autre facteur implicite est que la viande rouge congelée devant être importée et les viandes du Sud ne sont pas encore arrivées. Ces viandes pourraient être une alternative à l’achat de viande blanche. K. R.