Le nouveau président sera appelé, dans les prochains jours, après son intronisation à mettre en place un nouveau gouvernement.
Ce dernier sera celui de la gestion d’une transition qui s’annonce complexe. La crise politique est toujours là en attente d’une solution. Et les exigences du changement prôné par le Hirak toujours en suspens. L’avènement d’un nouveau président à la tête de l’Etat est certes une évolution majeure, mais cela ne garantit pas néanmoins une issue rapide de l’impasse.
Le prochain gouvernement sera indéniablement à suivre dans sa composante mais aussi dans son action. L’Algérie de 2020 aura ainsi comme défi d’entamer un processus de changement qui ne saurait s’amorcer sans de nouvelles règles de jeu. Une année d’instabilité politique aura marqué fortement le pays, fragilisé par une gouvernance approximative.
La question du gouvernement et son chef auront été au cœur de la crise politique qui bloque le pays depuis près d’une année. Le mouvement de contestation ayant longtemps exigé le départ du Premier ministre, voire de certains ministres, dès l’éclatement de la crise. Mais Noureddine Bedoui a été maintenu à la tête du gouvernement contre vents et marées. Non sans fragiliser l’Exécutif qui devait faire face à une contestation populaire inédite et particulièrement irascible. Au cœur de la crise, des ministres ont été empêchés d’activer. Et les sorties publiques se faisaient sous haute protection.
Beaucoup de ministères ont même fait profil bas face à une colère populaire qui grondait dans la rue ave des slogans marquants. Jamais probablement un gouvernement en Algérie n’avait été en proie à la colère populaire que celui de Bedoui, accusé d’avoir été le bras du pouvoir déchu. Le gouvernement Bedoui semblait activer à minima faisant le dos rond face l’exaspération des Hirakistes. Le gouvernement sortant aura ainsi été contraint par une instabilité politique, qui a secoué fortement le pays, à faire dans la circonspection en attendant des jours meilleurs.
Délesté de ces contraintes, le nouvel Exécutif, qui interviendra dans une phase décisive, aura les mains libres pour activer.