La campagne référendaire pour la révision constitutionnelle a abordé, hier, son quatrième jour qui a vu les formations politiques de l’ancienne Alliance (FLN-RND-TAJ) organiser des rencontres publiques pour défendre le projet et appeler les gens à voter « oui ». Pour la même finalité, l’Union nationale des paysans algériens (UNPA) s’est mise de la partie, alors que le FJD d’Abdallah Djaballah a entamé sa campagne de rejet à partir de la ville de Skikda.
Dans la capitale de l’Ouest, Oran, où il a animé un meeting populaire, le premier responsable du Rassemblement national démocratique (RND), Tayeb Zitouni, a indiqué que « la révision constitutionnelle est une étape pour enclencher une rupture avec les anciennes pratiques du pouvoir et asseoir un Etat de droit ». Le projet d’amendement à la Constitution, a souligné le patron du RND, « porte des idées et des points positifs qui ont perturbé certains courants ». Ajoutant que « ce texte contribuera amplement au développement de la société, avec notamment la constitutionnalisation de la société civile et du Haut-conseil de la jeunesse, en donnant plus de contrôle aux élus locaux et en renforçant la supervision des institutions et autres ». Pour M. Zitouni, la mouture élaborée par le comité Laraba « dépasse les failles et contradictions contenues dans la loi fondamentale en vigueur », ajoutant que le législateur a œuvré à éviter « des quiproquos entre les pouvoirs exécutif et législatif en mettant en avant la majorité parlementaire et la majorité présidentielle ». M. Zitouni était dans l’après-midi dans la wilaya de Chlef où il a mis en exergue l’engagement du Rassemblement à accompagner le projet de révision constitutionnelle et la détermination de la direction nationale à donner du sang neuf aux structures du parti.
La présidente de Tajamoue Amel El Jazaïr (TAJ), Fatma-Zahra Zerouati, était, quant à elle, à Bouira, où elle a appelé les populations locales à approuver le projet de révision constitutionnelle « en toute responsabilité et conscience », estimant que l’enjeu est celui de « pouvoir changer les choses et bâtir un Etat moderne et démocratique ». Mme Zerouati a indiqué, par la même occasion, que « l’Algérie est aujourd’hui à la croisée des chemins et nous devons tous être responsables et conscients que ce référendum est une étape cruciale qui permettra à notre pays de relever les différents défis dans les mois à venir.
Pour sa part, le secrétaire général du FLN, Abou Fadhel Baadji, a organisé au Palais de la culture Mohamed-Boudiaf (Annaba), un meeting de sensibilisation où il a défendu que « la future Constitution fait l’objet d’un consensus en dépit de certaines voix qui s’y opposent ».
Dans le registre des partis politiques opposés au projet d’amendement constitutionnelle, le Front de la justice et du développement (FJD) a mené campagne à Skikda pour énumérer les reproches qu’il fait à la mouture approuvée par le Parlement et sur laquelle, le peuple est appelé à s’exprimer le 1er novembre prochain. Des reproches à inscrire globalement dans le registre de l’idéologie dans la mesure où les responsables du FJD ont réitéré une nouvelle fois leur désapprobation de la composante du comité Laraba auquel il a été reproché son affiliation au courant moderniste et laïc alors que « les représentants du courant islamiste ont été exclus ».
Par ailleurs, le MSP a indiqué, par la voix de son député Nasser Hamdadouche, que le parti a été interdit de mener la campagne référendaire, accusant l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) de la « volonté d’exclure » le parti islamiste qui compte faire campagne d’explication de sa position de rejet du contenu de la mouture de la future loi fondamentale.
Le reproche du MSP vient ainsi s’ajouter à celui de Talaie El Hourriyet qui a considéré « discriminatoire » que « seuls les partis ayant un groupe parlementaire, ceux ayant dix sièges entre les deux chambres, et ceux ayant les sièges au sein des assemblées au niveau de 25 wilayas au moins, sont habilités à animer la campagne électorale ». n