Amine Mazouzi, le PDG de Sonatrach, annonçait, il y a quelques semaines, que de gros investissements allaient être faits dans l’aval. Et il semble joindre la parole aux actes. En effet, l’entreprise qu’il dirige a lancé lundi, 30 janvier, un appel d’offres international portant sur quatre projets pétrochimiques d’une valeur de six milliards de dollars.

L’information est rapportée par l’agence Reuters citant des sources au sein du groupe pétrolier. Les entreprises intéressées par ces projets, et qui seront sélectionnées à l’issue de cet appel d’offre, effectueront des travaux de construction de quatre raffineries à Tiaret, Hassi Messaoud et deux à Skikda. La finalité est d’accroître les capacités de raffinage dans le pays. L’Algérie produit actuellement près de 30 millions de tonnes de produits pétroliers raffinés par an. Elle projette de les porter à 50 millions de tonnes/an à l’horizon 2040. Par ailleurs, il est question de monter dans la chaïne de valeur, en revalorisant et en optimisant davantage les produits pétroliers. Aussi, deux autres projets sont lancés à savoir le complexe de cracking de fuel d’une capacité de 4,5 millions de tonnes pour la maximisation de la production du gasoil, et deux complexes de reforming de Naphta d’une capacité globale de 3,4 millions de tonnes pour la maximisation de la production des essence. Il faut dire qu’en matière de raffinage, des choses ont été faites. Mais, il reste beaucoup à faire. Dans sa politique énergétique, le pays a essayé de mettre en place un réseau de raffinage et de stockage aussi ramifié que possible, le but étant de faire parvenir le carburant à tous les citoyens. Pour le faire, l’Etat a consenti un niveau d’investissement colossal étalé sur plusieurs années. Les projets de raffinage ont connu en fait deux étapes. La première phase a permis la mise en production de la raffinerie de Hassi-Messaoud (en 1962), de la raffinerie d’Alger, avec une capacité de production de 2,7 millions de tonnes par an (en 1964), la raffinerie de In Aménas, la raffinerie d’Arzew, avec 2,5 millions de tonnes par an (en 1972) et la raffinerie de Skikda, avec 15 millions de tonnes par an (en 1980). Est-ce suffisant ? Durant la période allant des années 1970 à la fin des années 2000, la demande nationale en produits pétroliers était globalement satisfaite par la production nationale à l’exception de l’essence sans plomb. L’essence sans plomb, seule la raffinerie de Skikda, la produisait. La seconde étape a permis la réalisation d’un programme de réhabilitation et de rénovation des installations de raffinage en place, une opération engagée au début des années 2000. Elle a concerné les raffineries d’Arzew (2012), Skikda (2013), Alger (2014) ainsi que la réalisation de la raffinerie d’Adrar, d’une capacité de 0,6 million de tonnes par an, une plateforme réalisée en partenariat avec une société chinoise. Grâce à ce maillage dans l’industrie du raffinage, l’Algérie dispose, actuellement, de capacités installées de raffinage estimées à près de trente millions de tonnes par an. Tout cet ensemble aura davantage de consistance, une fois terminés les nouveaux projets, objet de l’appel d’offres cité plus haut. Une question se pose cependant, le pays aura-t-il suffisamment de pétrole à traiter pour alimenter ces raffineries ?