Les présidents de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC, ex-FCE), de la Confédération nationale du patronat algérien (CNPA), la Confédération des industriels et patrons algériens (CIPA) et l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) qui se sont réunis, hier mercredi, au siège du CAPC, s’accordent à dire que dans le projet de la nouvelle Constitution le volet économique enregistre une avancée considérable dans la mesure où il est question de donner plus de garantie aux opérateurs du pays et surtout de libéraliser les initiatives.

«C’est pourquoi nous adhérons en total accord à ce projet», ont-ils affirmé à l’unanimité lors d’une conférence de presse qu’ils ont animée conjointement hier après s’être concertés sur de nombreuses questions d’actualité, entre autres la situation économique que traverse le pays et les réformes à envisager en urgence. Naït Abdelaziz de la CNPA qui, le premier a pris la parole en sa qualité de doyen du patronat, a rapporté que «devant la difficile conjoncture que traverse le pays et à la veille d’un événement aussi important que celui du référendum sur le projet de la nouvelle Constitution, le patronat se devait de se prononcer et déclarer sa position». Ajoutant : «Nous sommes dans notre rôle en tant que partenaire social pour trouver des solutions à la difficile conjoncture à laquelle fait face le pays. Ce qui demande une très large concertation entre toutes les organisations patronales du pays. Aujourd’hui, un premier pas a été franchi dans ce sens.» De son côté, Sami Agli, de la CAPC, a indiqué à propos de cette rencontre qui a réuni les plus importantes organisations patronales : «Le but de notre réunion d’aujourd’hui, c’est de faire passer un message important d’union, de rassemblement et de concertation des patronats. Et au travers desquels nous allons tenter de mener des actions communes dans le but de trouver les solutions idoines à la crise économique que traverse le pays. En d’autres termes, l’heure est à la concertation et à l’alignement d’une même stratégie pour l’intérêt collectif et de surcroît celui du pays.» Et de poursuivre dans ce sens : «A travers cette initiative de nous réunir aujourd’hui, nous cherchons à contribuer de manière efficace à l’effort de sortir de la crise en notre qualité de force de proposition. En clair, nous voulons contribuer à mettre en place un nouveau modèle économique du pays rendu impératif, car on ne peut prétendre à un meilleur avenir sans une économie forte.» Donnant la parole à Abdelwahab Ziani, patron de la CIPA, ce dernier a d’emblée pointé du doigt la bureaucratie qui se dresse comme un mur : «Comment expliquer que les mesures prises par le Chef de l’Etat en faveur des entreprises en difficulté engendrées par la crise sanitaire n’ont pas connu, pour une grande partie, de concrétisation sur le terrain.» Et de révéler que «dans des wilayas, les mesures ont été appliquées à la lettre, tandis que dans d’autres, on avance qu’elles attendent de plus amples instructions. Et donc je ne comprends pas cette différence d’attitude dont bon nombre d’entreprises pâtissent». Ce dernier a ensuite appelé à ce que les décideurs consultent davantage les opérateurs économiques. Comme il a tenu à signaler qu’en ce qui concerne le volet économique dans le projet de la nouvelle Constitution «nous avons été sollicités. Ce qui va rendre confiance aux investisseurs, car libérés des entraves qui existaient jusqu’ici». En effet, selon ce dernier, «lors de ces trois décennies, nous avons émis près de 20 000 réflexions, mais seuls 3% ont été pris en compte, c’est-à-dire retenus». Il a enfin suggéré à ce que les pouvoirs publics accompagnent les opérateurs. «Ce qui pourrait faire booster notre économie», a-t-il confié. Par contre, Mouloud Khellouf s’est contenté de souligner que des centaines de PME sont dans une situation désastreuse «et ne voient leur salut que par d’autres mesures du gouvernement plus salutaires qui puissent les maintenir en activité et surtout sauvegarder les emplois». Il ne s’est pas en outre empêché de rappeler à l’assistance que dans le projet de Loi de finance 2021 aucune décision en faveur des entreprises en difficultés n’est perceptible. «C’est comme si le législateur a ignoré les difficultés auxquelles font face des centaines d’entreprises par l’effet de la crise sanitaire», s’est-il offusqué. Notons enfin que lors des débats qui ont suivi les interventions des conférenciers, Samy Agli a pour sa part insisté sur l’intérêt à ce que le Plan de relance économique réussisse. «Il faut à tout prix que l’on évite son échec», a-t-il conclu.