Quatre des personnes mises en isolement à l’Etablissement hospitalier spécialisé (EHS) de Boufarik suspectées d’être atteintes de coronavirus ont quitté l’hôpital hier matin, les tests effectués ayant été déclarés négatifs, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué rendu public hier. La situation est, par ailleurs, restée stable concernant les cas de covid-19 testés positifs. Les cas suspects, quant à eux, ont atteint 50.

«Hormis les 17 cas confirmés annoncés mercredi soir, jusqu’à hier après-midi, aucun nouveau cas n’a été détecté», a ajouté le ministère, tout en rassurant qu’une enquête épidémiologique est immédiatement ouverte après tout cas suspect». Mais la stabilisation n’est pas pour autant synonyme de relâchement, «le dispositif de veille et d’alerte mis en place par le ministère de la Santé demeure en vigueur et la mobilisation des équipes de santé reste à son plus haut niveau», a tenu à noter la même source.
«Outre le premier cas du ressortissant italien qui a été transféré vers son pays, les 16 autres cas confirmés, qui sont de la même famille et qui ont été contaminés par un parent venu de France avec sa fille pour assister à une fête à Blida, sont dans un état stable et non inquiétant», selon le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid. Il a fait état de «11 cas résidant à Blida et d’un cas à Koléa (Tipasa) qui séjournent actuellement à l’hôpital de Boufarik, tandis que les autres cas sont répartis entre l’hôpital d’El Kettar à Alger (2 cas) et l’hôpital de Mascara (2 cas)», expliquant que «tous les malades font parties des proches et de l’environnement des deux premiers cas confirmés positifs le 1er mars».
Lors d’une visite inopinée à l’hôpital de Boufarik, jeudi, pour s’enquérir de l’état de santé des 12 personnes atteintes, le Pr Benbouzid a déclaré n’avoir «aucun doute quant à leur prise en charge médicale» et salué «les compétences que recèle cet établissement hospitalier». «Je suis venu aujourd’hui sur instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, afin de m’enquérir de l’état de santé des malades et de les soutenir», a affirmé le ministre, appelant à «préserver la dignité des malades durant leur séjour hospitalier, sachant qu’il est difficile pour eux de se retrouver, du jour au lendemain, renfermés dans une pièce de 6 personnes».
De son côté, le directeur de la santé publique, Ahmed Djemai, a rassuré que ces cas d’atteinte bénéficient des meilleures conditions de prise en charge au niveau de l’hôpital, où leur état de santé est jugé «stable et ne prête pas à inquiétude», précisant qu’«on leur administre des fortifiants en vue de relever leur niveau d’immunité contre ce virus».
Au titre des mesures préventives prises par la direction de la santé de Blida, en coordination avec la direction de l’établissement hospitalier, M. Djemai a signalé un relèvement du nombre des lits porté à 46 actuellement, contre une trentaine précédemment.
Des laboratoires d’analyses prévus pour les grands hôpitaux
Le ministre a, également, annoncé le renforcement prochain des grands hôpitaux du pays par des nouveaux laboratoires d’analyses afin d’éviter les déplacements jusqu’à l’Institut Pasteur d’Alger (IPA) pour effectuer les analyses. «Les hôpitaux d’Oran, Sétif, Annaba, Tamanrasset et Ouargla seront renforcés par des laboratoires d’analyses développés pour s’occuper des malades sur place, au lieu de les transmettre à l’PA, ce qui permettra de gagner du temps et de réduire la pression sur l’Institut».
Le ministre a indiqué que sur instruction du Chef de l’Etat, «toutes les mesures ont été prises pour éviter la propagation du coronavirus et ce à travers l’approvisionnement et le renforcement des différents aéroports, ports et gares routières par des caméras thermiques supplémentaires pour détecter d’éventuels cas. «L’Algérie possède les moyens pour faire face à ce virus et œuvre conformément aux instructions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce sont là les mêmes mesures entreprises au niveau des pays développés», a rassuré le ministre, soulignant que cette question «figure en tête des préoccupations de l’Etat algérien». Il a également rappelé l’importation par l’Algérie d’un nombre important de caméras thermiques sophistiquées et des réactifs pour faire face à cette pandémie, ajoutant que «notre pays dispose également d’une réserve suffisante de masques dont l’importation a été interdite, en coordination avec le ministère des Finances, leur prix ayant été multiplié par 10. Cela d’autant que les producteurs locaux assurent leur disponibilité». Il a fait savoir, par ailleurs, qu’il sera procédé, bientôt, à la mise en place d’une cartographie sanitaire nationale sur la situation épidémiologique de chaque région, dans le but d’assurer une meilleure prise en charge des citoyens. De son côté, le directeur de la prévention au ministère de la Santé, Djamel Fourar, tout en insistant sur l’importance pour les citoyens de prendre les mesures de sécurité qui s’imposent, a réitéré les assurances quant au «suivi régulier» des passagers en provenance de l’étranger, et ce, au niveau des postes de contrôle aux frontières, aussi bien terrestres, portuaires que maritimes. «La vigilance est de mise à tous les niveaux», a-t-il soutenu, préconisant, à titre préventif, la vaccination antigrippale. Pour sa part, le directeur général de l’Institut Pasteur, le Dr Lyes Rahal, a insisté sur le respect des règles d’hygiène, citant notamment le lavage fréquent des mains, tout en faisant savoir que «le port des masques de protection n’est nécessaire que pour les sujets malades afin d’éviter qu’ils ne contaminent autrui».<