Comme « au bon vieux temps », Constantine a soif. En plus de la chaleur étouffante, la ville voit depuis quelques jours ses robinets gargouiller sans qu’il n’y ait de l’eau au bout. Les habitants du Rocher ont repris leurs jerricans pour quêter le précieux liquide, dans plusieurs quartiers, quand d’autres ont choisi un recours plus extrême, celui de bloquer les routes. Cela s’est passé en fin de semaine à Kantoli où les riverains, excédés par l’absence du précieux liquide depuis plus de trois jours ont choisi de bloquer la route nationale reliant Constantine à Mila Jijel et Skikda, engendrant des embouteillages monstres pendant une demi-journée. Cela a suffi, enfin, pour que la Seaco daigne sortir de son mutisme en déclarant que «les pannes multiples sont dues à des perturbations dans le réseau électrique» ce qui a conduit à des interruptions des stations de pompage situées à Békira, surtout.
La pilule serait passée sans problème si la totalité des quartiers de Constantine ne subissaient des interruptions intempestives de l’alimentation en eau depuis plus de… deux mois. Seaco, comme toujours, dans un communiqué inattendu a affirmé, que « l’eau H/24 à Ali Mendjeli sera en 2020» noyant un poisson déjà passé à trépas et voulant faire passer une couleuvre trop grosse, apparemment. «On veut savoir les causes des perturbations de l’alimentation en eau, et la Seaco nous lance un communiqué en grande pompe (sans jeu de mots) pour le H/24 à Ali Mendjeli», nous dira un habitant de Kantoli. Les responsables de la Seaco ont sans doute dû oublier que le fameux H/24 reste toujours un vœu pieu au chef-lieu de wilaya dans la majorité des quartiers malgré son annonce il y a… six ans ! Pour en revenir aux coupures de ces dernières semaines, nous sommes allés à la direction de distribution de la SDC, « responsable » des perturbations en alimentation en eau potable. Sur place, la responsable de la communication de la SDC, Mme Takhrist Ouahiba, nous indiquera qu’elle était sur le point d’envoyer des mises au point à la Seaco, en plus de missives à la wilaya pour expliquer qu’il faut chercher les raisons des perturbations de l’eau « ailleurs que chez la SDC ».
Elle ne manquera pas de nous signaler qu’elle a consulté les documents des différentes coupures programmées ces dernières semaines, et nulles traces des coupures brandies par la Seaco. « Comme d’habitude on veut faire porter le chapeau à la SDC, mais les documents des légères perturbations électriques de ces derniers jours prouvent que ceux de l’alimentation en eau sont à chercher ailleurs que chez nous », nous dira encore Mme Takhrist.
Nous avons voulu en savoir un peu plus du côté de la Seaco, mais quand ce n’est pas la langoureuse musique d’attente du numéro vert qui vous fait patienter, c’est « le responsable est en réunion, on vous rappellera » que vous aurez comme réponse. Comme quoi, tout ne coule pas de source à la Seaco, et toujours sans jeu de mot !H. B.