La crise qui couve dans le secteur de la formation des futurs enseignants de l’Education nationale, au sein des Ecoles normales supérieures (ENS), ne semble pas trouver d’issue pour l’instant. Appelée à réagir aux revendications d’un recrutement dans leur lieu de résidence d’origine des futurs professeurs

, actuellement en grève de cours, la ministre de l’Education s’est montrée sévère à leur égard. Lundi dernier, en effet, elle a déclaré que les revendications des étudiants des ENS sont « illégales » et n’obéissent à aucune logique. Nouria Benghebrit a ajouté que le recrutement de ces futurs enseignants se fait selon le principe des besoins du secteur partout dans le pays. Les déclarations de la ministre ont fait réagir, hier, le porte-parole du collectif des étudiants grévistes de l’ENS. Salah Eddine Touibeg a affirmé à ce propos que les «revendications sont légales et la grève continuera ».
Aucune des deux parties concernées par le conflit ne semble donc disposée à faire des concessions pour l’instant. Chacune d’elles semble miser sur le temps alors que le cours de la grève lancée dans les différentes ENS prend une tournure plutôt curieuse. A Bouzaréah, où le mouvement semble le plus radical, de très nombreux étudiants ont choisi de profiter de l’arrêt des cours pour rentrer chez eux. En effet, la totalité des étudiants, notamment les filles, qui représentent environs 90% des effectifs actuellement en formation dans les ENS, nous dit-on, ne se déplacent plus à l’école. Pour certaines, ce sont leurs parents qui leur interdisent de rester en résidence universitaire sans avoir de cours. Pour d’autres, c’est l’occasion de rester chez elles pour réviser leurs leçons en attendant une issue à la crise.
Cette situation étrange n’arrange pas les organisateurs de la grève. Ces derniers se sont retrouvés seuls hier dans les couloirs de l’ENS de Bouzaréah face aux agents de sécurité. Cela n’empêche pas le porte-parole du collectif des étudiants grévistes d’avertir qu’ « à partir de la semaine prochaine, si on ne reçoit pas des deux ministères concernés, l’Enseignement supérieur et l’Education nationale, une réponse favorable, on durcira notre mouvement ». Salah Eddine Touibeg promet de maintenir la pression « jusqu’à la fin des vacances universitaires», qui commencera le 21 décembre prochain et se termineront au début du mois de janvier 2018.
Pour rappel, les étudiants des ENS en grève, en raison de la diversité des syndicats qui les représentent, ont décidé de créer un « collectif » pour la conduite du mouvement de protestation. Ce collectif comprend sept organisations estudiantines ainsi que des étudiants libres pour réclamer l’application de l’article 4 de leur contrat de travail avec le ministère de l’Enseignement supérieur. Cet article accorde la priorité de recrutement des diplômés de l’ENS par le ministère de l’Education dans leur lieu de résidence d’origine. Autre point qui inquiète ce collectif, le stage pratique en dernière année de cursus. Les grévistes réclament que le lieu de ce stage soit facultatif, soit à Alger ou au lieu de résidence de l’étudiant