Par Hamid Bellagha
Depuis les intentions belliqueuses de Poutine envers l’Ukraine, les cours mondiaux des matières premières ne cessent de jouer au yoyo. A la hausse puis à la baisse, pour repartir de plus belle vers le sommet de la courbe des prix, produits énergétique, intrants divers et agricoles ne cessent de donner le tournis aux responsables politiques de toute la planète.
C’est que l’Ukraine et la Russie se trouvent être le grenier de l’Europe et du monde pour les céréales, en tête des fournisseurs de gaz au vieux continent, sans oublier les minerais de manganèse, de titane et autres gisements. De quoi affoler les bourses du monde entier avec une inflation qui réagit très fort aux bruits de bottes et des artilleries.
Avec la sécheresse de l’année écoulée, et celle qui s’annonce pour cette saison, le blé algérien ne pourra pas, comme à l’accoutumée et plus, couvrir les besoins de la population. Il y aura encore le recours à la bourse des céréales où la France et… la Russie sont nos principaux fournisseurs. Et si la hausse des cours du pétrole et du gaz est accueillie avec satisfecit, il faudra quand même puiser sérieusement dans le coffre-fort pour pouvoir acquérir les tonnes de céréales escomptées. N’étant pas encore remis de la crise économique induite par la covid 19, on se retrouve en victime collatérale de la crise russo-ukrainienne avec un marché déjà en proie aux trafiquants de pomme de terre, de viande et de tomate.
La balance commerciale qui s’est témoignée positive pour la première fois depuis des années, en raison surtout des tours de vis opérées sur les importations, risque de changer de signe dès ce printemps annonciateur d’un accroissement des prix au niveau mondial que l’on n’a pas constaté depuis des décennies.
L’Etat qui avait promis de contenir la cadence de l’affolement général des prix par un soutien du pouvoir d’achat par d’autres mesures d’accompagnement devrait revoir ses cartes et les rebattre pour une meilleure donne.