Depuis quelques jours, les Algériens semblent changer d’attitude envers la Covid-19. La nonchalance avec laquelle ils abordaient la pandémie est de moins en moins constatée. Les raisons sont multiples, et ce n’est pas uniquement à cause de la hausse des cas contaminés, annoncée quotidiennement par le Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus.
La recrudescence de l’épidémie est de plus en plus constatée de « visu ». Il n’est plus question de « on dit que », les personnes touchées ont maintenant des noms et des visages. Les Algériens sont en train d’énumérer des membres de leur famille, des voisins ou encore des collègues contaminés. La maladie est là, bien là. Ce qui peut expliquer la peur qui est en train de prendre de l’ampleur au sein de la société. D’ailleurs, tout le monde aura remarqué que le relâchement, constaté il y a quelques semaines, quelques mois, est en train de ralentir au fil des jours. Les citoyens eux-mêmes se retrouvent à demander, à exiger même, aux commerces de faire respecter les mesures de distanciation et l’obligation d’utiliser des bavettes. Une prise de conscience que certains décrivent déjà comme un acte de citoyenneté significatif et encourageant pour la lutte contre la propagation de la pandémie. Les changements de comportement ne se résument pas uniquement au niveau des commerces.
L’implication des citoyens est également concrète dans les établissements scolaires. Depuis la rentrée, des trois cycles, les parents d’élèves sont tous sur le qui-vive, à épier toute information sur de possibles cas contaminés enregistrés dans les écoles. Certains établissements ont ainsi été fermés. D’autres ont dû se contenter de « libérer » quelques classes dans lesquelles des cas contaminés ont été enregistrés, ce qui a été considéré par certains parents comme des mesures loin d’être suffisantes.
C’est que la psychose est au rendez-vous. Les parents d’élèves n’attendent plus des mesures d’en « haut » pour prendre des décisions. La prévention pour eux passe par la non-exposition des enfants aux risques, aussi minimes qu’ils soient, et le constat est établi dans plusieurs établissements à travers le pays. De nombreuses familles ont décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, attendant que la recrudescence de l’épidémie diminue. Une réaction qui peut être considérée comme une solution à (très) court terme, mais qui est loin d’être salutaire. Les temps sont durs, les décisions à prendre encore plus.