Selon le premier responsable de la Banque d’Algérie, les banques commerciales ne suivent pas les orientations des autorités qui consistent à soutenir le financement des entreprises en leur accordant des crédits en vue de relancer la machine économique. « Je voudrais que vous me donniez des explications», leur a lancé Rosthom Fadli.

Par Khaled Remouche
Le Gouverneur de la Banque d’Algérie, Rostom Fadhli a, au cours de son allocution d’ouverture de la rencontre Banque centrale-banques et établissements, organisée hier à l’Ecole supérieure des banques, pointé du doigt les hésitations des banques à accorder des crédits aux entreprises. «Cela, à notre avis, en dépit des instructions au plus niveau en direction du secteur bancaire, destinées à appuyer les entreprises notamment impactées par la crise sanitaire en vue de renouer avec la croissance économique». «Je ne comprends pas pourquoi les banques ne suivent pas ce qui a été décidé par les pouvoirs publics en termes de relance économique. Toutes les banques ont montré leur solidité durant cette pandémie.» Mais il estime qu’elles ont été trop prudentes. «Je ne comprends pas pourquoi les banques sont réticentes à accorder des crédits ? Je voudrais que vous me donniez des explications», a-t-il lancé à un parterre de responsables de banques publiques et privées. Cela d’autant que la Banque d’Algérie a consenti des efforts pour atténuer les effets de la crise sanitaire sur les banques et les entreprises. Elle a mis à la disposition des banques plus de liquidités à travers une baisse de 10% du taux des réserves obligatoires porté de 12% à 2% actuellement. Cela d’autant que le niveau des liquidités bancaires s’est amélioré. Les liquidités sont passées de 632 milliards de dinars, à fin 2020, à 1 485 milliards de dinars, à fin novembre 2021. «Elles étaient hier à hauteur de 1 542 milliards de dinars», a ajouté le Gouverneur de la Banque d’Algérie.

Pouvoir d’achat : le Dinar a perdu 10% de sa valeur et 9% d’inflation en un an
Le Gouverneur de la Banque d’Algérie a relevé, en outre, une forte perte de la valeur du dinar et une importante inflation en 2021 par rapport à 2020. En moyenne, des 11 premiers mois de l’année, le dinar algérien s’est déprécié de 6,21% comparativement au dollar par rapport à la même période de l’année précédente. Le dinar s’échange officiellement à 134 dinars pour 1 dollar contre 128 dinars pour 1 dollar à la même période de l’an dernier.
En termes de variation en fin de période, le dinar a connu une dépréciation de 6,86%, passant de 129 dinars pour 1 dollar à fin novembre 2020 à 138 dinars pour 1 dollar à fin novembre 2021. Une dépréciation de 4,69% entre fin novembre 2020 et fin novembre 2021. Le dinar par rapport à l’Euro s’est déprécié de 10,3% en termes de moyenne des 11 mois par rapport à la moyenne de la même période en 2020. Les cours enregistrés sont de 160 Dinars pour 1 Euro en 2021,143 Dinars pour 1 Euro en 2020. En termes de variation de fin de période, le Dinar algérien face à l’Euro a connu une dépréciation de 1,60% passant de 154 DA pour 1 Euro en 2020 à 157 DA pour 1 Euro.
L’inflation est en hausse, a indiqué, en outre, le Gouverneur de la Banque d’Algérie. La hausse des prix du Grand-Alger, qui reflète la moyenne d’inflation nationale, en octobre 2021 par rapport à septembre 2021, a progressé de 1%. Cette hausse résulte de l’augmentation des prix des produits alimentaires de 2,3% en octobre 2021. L’inflation s’est accélérée de 5% par rapport à l’an dernier. En un an, l’inflation s’est située à 9%. Cette hausse est due à la forte augmentation des prix des produits alimentaires (+14% en octobre 2021)

Reprise de la croissance, selon la Banque d’Algérie
Quant au tableau rose, le Gouverneur de la Banque note une reprise de la croissance économique au cours du premier et second trimestres 2021. «La reprise de l’économie, entamée le premier trimestre 2021 avec un taux de 2,3% s’est poursuivie au second trimestre avec une croissance appréciable de 6,34%, contre une contraction de – 10% le second trimestre 2020. Tous les secteurs ont contribué à cette croissance, à l’exception du secteur agricole qui a connu un recul de 0,3% au second trimestre contre 1% à la même période de l’année précédente, dû aux conditions climatiques.
Hors hydrocarbures, la croissance du PIB a atteint le premier secteur à contribuer à cette croissance, le BTPH, qui a connu une croissance de 13,7%, contre une décroissance de 20% l’année auparavant. Le second secteur est celui des hydrocarbures qui a connu une croissance de 11% contre un repli de 5% le deuxième trimestre 2020. Le secteur de l’industrie a connu une croissance appréciable de 9,3% le second trimestre 2021, contre un repli de 5% durant la même période de l’exercice précédent». <