Rassemblement populaire, route bloquée, pneus brûlés, feux et fumées ont marqué la nuit de vendredi à samedi dans la circonscription de Touggourt (180 km d’Ouargla) après la propagation d’une vidéo de marcheurs pieds nus dans la localité de Still, dénonçant les arrestations à leur encontre pour les empêcher de poursuivre leur chemin vers la capitale dans le but de faire entendre leurs voix auprès des hauts responsables du pays..
Aussitôt que la vidéo a fait le tour des réseaux sociaux, notamment les pages locales de Facebook, les habitants de la ville de Touggourt sont sortis dans la rue et se sont rassemblés au niveau de la RN3, reliant Touggourt à Biskra. Ces derniers ont procédé à la fermeture de cette route névralgique pour dénoncer de tels agissements.
Le mardi 2 février dernier, et lors d’une visite d’inspection du wali d’Ouargla à la wilaya déléguée de Touggourt, afin de s’enquérir de l’état d’avancement du projet de la nouvelle structure hospitalière, les demandeurs d’emploi, profitant de la présence du wali délégué de la circonscription de Touggourt et de l’exécutif, ont tenté de s’approcher du wali dans le but de lui faire part de leurs préoccupations, mais ils ont été repoussés par la police. Désespérés, impuissants et affectés par ces agissements, ils ont décidé de transférer leurs revendications aux autorités suprêmes du pays, nous raconte l’un des marcheurs.
Le soir même, pas moins de vingt chômeurs ont décidé de se rendre, à pied et pieds nus, de Touggourt à Alger. Durant leur trajet, les autorités locales ont vainement tenté de convaincre les contestataires de renoncer et d’abandonner cette démarche.
Ce n’est qu’en arrivant dans la commune de Still, daïra d’El-M’ghair (wilaya d’El Oued), soit 144 km parcourus, que les autorités ont décidé de réagir. Vers 23H, les marcheurs, dont certains se trouvant dans un état d’épuisement extrême, ont été conduits jusqu’à la localité de Sidi Slimane, 25 km de Touggourt, où ils ont été remis à la police territoriale. La pression reste intense. n