De Ouargla, Ghellab Chahinez
Les affrontements à Ouargla entre les jeunes protestataires et la police ne connaissent pas de répit. Plus de 13 jours et la situation est toujours tendue. Le wali a accentué, ces dernières heures, les rencontres avec les ayanes et les représentants de la société civile, afin d’apaiser les esprits.
Les affrontements qui se déroulaient d’habitude durant la nuit sont devenus journaliers et de manière continue. Il est midi et demi, ce dimanche 18 juillet 2021, et la Route nationale 49 a été fermée au niveau de la Cour de justice et le tramway a été mis à l’arrêt et mis à l’abris au parking. Et pour cause, des pneus et des bacs de poubelles ont été déposés sur les rails avant d’y mettre le feu.
Les familles qui profitaient de températures clémentes pour faire les courses de l’Aïd El Adha, au souk Sebt et à Cresteline, ont été bloquées dans le centre-ville. Certaines ont été obligées de prendre la route des poids lourds pour rentrer à Hay Ennasr (El Khafdji) et à Bamendil. Même contraintes pour les automobilistes qui se rendent à Ghardaïa.
Le même scénario se répète dans tous les coins de la wilaya. Des affrontements plus violents sont enregistrés surtout à Aïn Beïda, Soukra et Mekhadma, où des heurts depuis mercredi dernier ont causé beaucoup de dégâts et des blessés. En l’absence de statistiques officielles, environ 15 blessés, dont 2 grièvement atteints, ont été enregistrés dans les rangs des forces anti-émeutes à Aïn Beida, selon un officier de police. A Mekhadma, un autre élément a été gravement atteint mais sa vie est hors de danger.
De l’autre côté, plusieurs manifestants ont été également touchés lors de ces affrontements au niveau de Mekhadma et Soukra surtout. Le cas le plus grave est celui du jeune Salah Zagdoud, grièvement blessé par des projectiles. Evacué par la police vers les urgences de l’hôpital Mohamed-Boudiaf où il a subi une intervention chirurgicale, il serait selon nos informations dans le coma.
Selon un officier, les forces de police font face à des cas de banditisme. Ce ne sont pas des chômeurs qui mènent les protestations mais des voyous et des bandits qui profitent de la situation pour semer la peur et le désordre. Des maisons sont incendiées, des personnes agressées, des vols et des harcèlements, c’est le nouveau visage des manifestations à Ouargla qui perdent leur caractère pacifique et laissent la porte ouverte à toutes les hypothèses. n