La grève des agents de contrôle de commerce et de lutte contre la fraude se poursuit aujourd’hui pour le troisième jour consécutif, et ce, en réponse à l’appel du Syndicat national des travailleurs du commerce (SNTC) qui n’écarte pas la possibilité de mener des actions plus dures si la tutelle «continue d’ignorer les revendications» des grévistes.
Mais bien avant que cette action ne livre tous ses secrets, les deux parties, à savoir la tutelle et l’organisation syndicale, apprécient de façon opposée le taux de suivi du débrayage. Le ministère du Commerce a indiqué que le taux de suivi de la seconde phase de la grève des personnels du secteur du commerce n’a pas dépassé les 50% au niveau national, tandis que le SNTC indique que le taux de suivi dépasse les 87% et a atteint dans certaines directions régionales les 100%.
Ahmed Allali, secrétaire général du SNTC, considère en effet que le taux de suivi de la grève de cette seconde semaine a été «plus important que la précédente observée les 3 et 4 janvier, dépassant les 87% pour atteindre les 100% dans certaines directions, régionales et autres inspections frontalières». Mais, de son côté, le chargé de la communication du ministère de tutelle Samir Meftah souligne que «les deux syndicats qui ont appelé à cette action représentent moins de 45% du personnel du secteur» et les personnes non syndiquées représentent «à peine 0,05% des effectifs». M. Meftah a soutenu, dans ce sens, que le taux national de suivi de ce débrayage «ne saurait dépasser les 50%», ce qui n’est pas du goût du SNTC, qui accuse la tutelle de «désinformation et de tentative de tromper l’opinion publique et les médias».
Sur un autre volet, M. Meftah a déclaré que la tutelle a répondu à la «majorité» des revendications et qu’il ne reste que certains points qui «dépassent sa compétence», à l’instar de la question du statut ou de l’amélioration des revenus du Fonds de revenu complémentaires (FRC) et de l’attribution de la «prime Covid», qui est selon ce responsable, «du ressort du président de la République». Pour lui, la majorité des revendications a été prise en charge à travers le dialogue avec tous les personnels et les directeurs de wilaya après plusieurs réunions, ajoutant que les portes du dialogue «demeurent ouvertes» aux représentants des travailleurs. Le SNTC a invité sur ce volet le chargé de la communication du ministère à «relire» les P-V de réunion signés entre les deux parties avant de «prétendre que la tutelle a pris en charge les revendications de son partenaire social».
Pour rappel, les revendications portent sur l’amélioration du pouvoir d’achat, la valorisation des primes, la révision du statut, la promotion automatique des fonctionnaires titulaires de diplômes, l’inclusion au statut d’un article sur la protection légale des agents et l’octroi de primes à l’instar de celle de la Covid-19 attribuée aux autres secteurs. Le personnel «a continué d’assurer les activités de contrôle sur le terrain depuis le début de la pandémie en luttant contre la spéculation».
De son côté, la tutelle a indiqué avoir expliqué que «des revendications ont été satisfaites, à l’instar de la prime semestrielle, et qu’un «nombre considérable de fonctionnaires remplissant les conditions légales seront promus», selon le Directeur de commerce par intérim Azouz Goumida.