Le terrorisme résiduel fait encore parler de lui. Cinq terroristes ont été arrêtés à Batna par des détachements de l’ANP en coordination avec la Gendarmerie nationale et qui, selon les éléments de l’enquête des services de sécurité, planifiaient des attentats à l’explosif « contre les manifestants pacifiques à travers les différentes régions du pays ».
Une virée sur le site du MDN dénote, rien que pour l’année 2019, une foison de communiqués – entre activités du chef d’état-major, arrestations de narco-trafiquants et de contrebandiers en tous genres – ayant trait au terrorisme et aux questions relevant de la sécurité des frontières. Mais c’est la seconde fois, en moins de 3 mois que ces actions anti-terroristes mentionnent explicitement une menace contre le Hirak. En effet, un communiqué du MDN daté du 27 mars 2019 fait mention de l’arrestation d’un groupe de trois terroristes à Oran qui
« préparaient des attentats terroristes durant les rassemblements électoraux (sic) ».
Ainsi donc, l’ANP protégeant le Hirak ce n’est pas que des paroles en l’air, ni une vue de l’esprit, mais bel et bien des actions concrètes sur le terrain. Mais aux yeux de l’opinion, quelle réception fait-elle de ces informations ? Tout particulièrement depuis ces dernières semaines où le discours du vice-ministre de la Défense et chef d’état-major est considéré par le Hirak comme ambigue et laisse planer bien des doutes sur la notion même de protection du Hirak…
Il semble plus qu’évident qu’il y ait un sérieux problème de communication. Et de canaux de communication, quand, au lendemain du vendredi 12 avril, qui a vu le premier grand dérapage au sein du Hirak et des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre qui se sont soldés par de nombreux blessés, un mort, le jeune Ramzi Yettou, dont la mort reste non élucidée à ce jour, et des dizaines de jeunes manifestants arrêtés, puis mis sous mandat de dépôt. Le plus surprenant dans cette histoire, c’est la profusion de communiqués, relatant l’arrestation d’éléments armés à l’intérieur du tunnel des facultés et d’éléments étrangers disposant d’un arsenal sophistiqué de communication et dont on n’a plus entendu parler… Plus près de nous, le dérapage des forces de l’ordre dans la gestion de la manifestation du 5 juillet, avec le matraquage en règle de manifestants à terre et sans défense. La protection du Hirak, ce jour-là était bien mince…
Chaque vendredi, les slogans scandés n’ont jamais « coupé » l’Armée algérienne de ses racines populaires, ni éloigné le peuple de ses enfants engagés au sein de l’ANP. La rupture étant avec un système qui tente de se regénérer en jouant à la fois sur les peurs, les faux-clivages, les identitarismes et les divisions au nom d’un nationalisme étriqué.