Plus de 700 signalements de cas de maltraitance des enfants ont été enregistrés depuis janvier 2021, a fait savoir hier la présidente de l’Organe national de la protection et de la promotion de l’enfance (ONPPE), Meriem Cherfi, qui s’est exprimée à l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance célébrée le 1er juin de chaque année.

PAR NAZIM B.
Intervenant sur les ondes de la station régionale Sétif de la radio nationale, la responsable a expliqué que ces cas de violences varient entre maltraitance, abandon, agression sexuelle, exploitation pour mendicité…
En ce qui concerne la maîtrise des chiffres, sujet de confusion entre les statistiques de la Délégation et ceux des corps de sécurité, la même responsable a promis une banque de données, «prochainement», de la situation de l’enfance en Algérie qui servira tous les organes et institutions qui s’y intéressent. «Très prochainement, pour la première fois, nous mettrons en place une banque de données statistiques et chiffrées sur la situation des enfants dans le pays, au profit de divers instituts de recherche, universités et médias», a-t-elle dit.
Cette banque de donnée s’ajoutera, selon la cheffe de la délégation, à l’application mobile pour les signalements d’atteinte aux droits de l’enfant lancée récemment et qui permet aux citoyens de contacter l’Organe pour avoir des informations sur l’enfance et vise à promouvoir les techniques de signalement en phase avec le développement technologique.
Les associations impliquées dans les domaines de la protection de l’enfance comme le réseau Nada, par exemple, qui a lui aussi depuis 2015 un numéro vert (30 33) affirment que les deux lectures sont «à prendre avec sérieux». «Les chiffres sur les cas de signalement d’atteintes doivent être constamment mis à jour», indique-t-on au niveau du réseau Nada. Sur ce point, toutes les familles ne déclarent pas toutes les affaires d’agression ou de harcèlement de leurs enfants. Les enfants eux-mêmes, par peur ou par traumatisme, cachent souvent qu’ils ont été victimes d’agressions. L’ONPPE souffre alors de ce phénomène de silence et les chiffres qu’il fournit ne sont pas complets et méritent un débat sérieux.
Au mois d’avril, Meriem Cherfi a fait état du traitement plus de 2 600 signalements d’atteinte aux droits de l’enfant, reçus par ses services sur le numéro vert 11-11, depuis le début de la pandémie de la Covid-19, précisant que 1 162 signalements concernent des filles et 1 479 des garçons.
Pour sa part, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a insisté, à cette occasion, sur la nécessité de redoubler d’efforts pour protéger les enfants contre toutes formes de violences et de créer un environnement propice à leur éducation pour les préparer à une vie meilleure. «Les enfants font l’équilibre de ce monde avec leur spontanéité, leur honnêteté et leur pureté», a écrit M. Djerad sur sa page Facebook. «Les enfants sont notre avenir que nous voulons plus beau, nous devons donc redoubler d’efforts pour les protéger contre toutes formes de violences et créer un environnement propice à leur éducation pour les préparer à une vie meilleure, quelles que soient leurs conditions de santé ou sociales».
Pour sa part, le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche, Mustapha Khiati, a appelé à la mise en place d’un programme national destiné à la prise en charge de la petite enfance (moins de 5 ans) dans différents domaines en vue de la promotion de cette catégorie de la société, rappelant l’importance de cette étape de la vie dans le développement de la personnalité de l’individu.