PAR MILINA KOUACI
Maltraitances, exploitations et violences, 1 320 cas ont été signalés durant la période allant de janvier au 28 mai. Un chiffre en augmentation par rapport à la même période de l’année passée. C’est ce qu’a indiqué, hier, Meriem Cherfi, présidente de l’Organe national de protection et de promotion de l’enfant (ONPPE) à la veille de la célébration de la Journée internationale de l’enfance célébrée le 1er juin de chaque année.
La présidente de l’ONPPE a fait état, lors de son passage à Chaîne I de la Radio nationale, de 300 000 appels depuis le début de l’année 2022. De ces appels, elle relève 1 320 signalements traités avec les services concernés contre 700 cas par rapport à la même période de l’année passée. Mme Cherfi fait savoir que l’ONPPE reçoit jusqu’à 10 000 appels par jour sur son numéro vert 11 11. «Les citoyens appellent pour signaler des cas de maltraitance, de violence et d’exploitation d’enfants, mais aussi pour demander des renseignements, des conseils», précise la présidente de l’ONPPE. Cette attitude démontre que le citoyen accorde une «importance majeure» aux enfants. Elle explique que des enfants ont appelé pour signaler des cas de mendicité infantile. A ce propos, elle met en exergue l’importance d’éliminer ce phénomène. «Il faut éliminer la mendicité des enfants comme nous avons réussi à éliminer les enfants cireurs», a-t-elle dit. S’agissant de l’emploi des enfants, elle indique que le taux est «quasi nul», appelant à bannir l’exploitation économique des enfants, qui a des «répercussions négatives sur leur cursus scolaire». Il faut agir contre l’emploi des enfants pour ne pas influencer négativement leur cursus scolaire, en évoquant les mesures nationales prises en matière de protection de l’enfance ainsi que les mécanismes adoptés pour le signalement de toute atteinte aux droits de l’enfant. Estimant que la protection de cette catégorie relève de la responsabilité de tout un chacun, toutefois, les enfants peuvent exécuter des travaux légers qui convient à leur âge en période de vacances scolaires.
Dans un autre contexte, elle a fait savoir que l’ONPPE signera prochainement une convention avec la Direction générale de l’administration pénitentiaire pour l’accompagnement et la réinsertion des enfants détenus. La loi apporte, en effet, la protection aux enfants et offre la latitude aux juges des mineurs d’accorder la priorité aux mesures de protection et d’intégration. Volet pédagogique scolaire, la responsable a plaidé pour l’allégement du poids du cartable et l’adaptation du programme scolaire aux évolutions et ce qui a été réalisé en matière de protection de l’enfant. Elle a annoncé, par ailleurs, le lancement prochain de la 3e édition du concours national sur les droits de l’enfant. Un concours ouvert aux enfants âgés entre 5 et 18 ans, destiné à encourager la création à travers le dessin, le chant et le conte.
Il y a lieu de noter que l’Algérie célèbre cette année la Journée internationale de l’enfance sous le slogan «Intérêt supérieur de l’enfant : défis et perspectives». L’ONPPE remettra, selon sa présidente, un rapport exhaustif sur la situation de l’enfance au président de la République, le 15 juillet prochain, à l’occasion de la célébration de la Journée nationale de l’enfance. L’Algérie a fait de grands pas en matière de protection des enfants. L’Etat accorde une place particulière et privilégiée à l’enfant. La dernière révision constitutionnelle, en son article 71, a consacré le devoir de la famille et de l’Etat en matière de protection et de l’intérêt supérieur de cette frange. <