Plus d’une vingtaine de psychologues parmi les plus expérimentés de la Protection civile ont débuté, dimanche à Alger, une formation avec pour objectif, entre autres, maîtriser la gestion des conflits. Etant sur tous les fronts, le sapeur-pompier est confronté à toutes sortes de drames. Que de sang sur les routes, que de fumée dans les usines et les forêts, que de personnes repêchées des eaux profondes et des vagues en furie, que de sauvetages de personnes en détresse, mais aussi des animaux en difficulté et d’évacuations de jour comme de nuit.

C’est pour cette raison que la direction générale de la Protection civile a organisé, hier, dans le cadre du projet de jumelage P3A, une formation au profit des psychologues dépendant de la sous-direction de l’action sociale, au siège de l’unité nationale d’instruction et d’intervention de Dar El Beïda Alger.
En effet, en prenant l’engagement direct de porter secours à autrui, l’agent de la Protection civile, quel que soit son grade, prend celui, indirect, d’assurer sa propre survie physique et psychique. Préserver son équilibre psychique relève, en amont, d’un travail préventif relatif aux risques d’expositions prolongées à ces situations au potentiel traumatogène certain et à l’intrusion douloureuse et bouleversante des scènes dont ils sont les témoins.
La formation programmée en trois phases, dont la première a été organisée en octobre dernier et la dernière prévue en décembre prochain, vise à former des psychologues afin qu’ils soient en mesure de traiter le stress opérationnel, le stress des décideurs, le traumatisme psychique, de prendre en charge les victimes, ainsi que de mettre en place des techniques permettant d’évaluer le moral des troupes et anticiper les conflits et les protestations.
Selon le médecin lieutenant-colonel Amar Ben Abdeslam, les psychologues choisis pour cette formation seront appelés, par la suite, à former, à leur tour, leurs collègues.
«Nous disposons de 105 psychologues répartis dans une quarantaine de wilayas. Nous avons choisis les plus expérimentés et les chevronnés pour cette formation. Ces derniers seront appelés à former leurs collègues une fois la formation terminée», a-t-il précisé.
Par ailleurs, le colonel Achour Farouk, responsable de la communication au sein de la direction générale de la Protection civile, a indiqué que «la santé mentale des sapeurs-pompiers est l’une des préoccupations majeures de l’institution, car c’est une question d’équilibre», et que «la préservation de la santé mentale des agents de la Protection civile est un enjeu important ». Les auteurs d’une étude portant sur les arrêts de travail pour cause psychiatrique, ont relevé les conséquences, notamment les répercussions sur le travail, les coûts directs et indirects qu’ils engendrent en termes de frais médicaux, leur impact sur la performance, l’aménagement de poste, la détérioration du climat de travail et les risques d’erreurs.