Le directeur général de l’Institut national algérien de la propriété industrielle (INAPI), Abdelhafid Belmahdi a fait savoir jeudi à Alger que 210 demandes de brevets d’invention avaient été déposées en octobre dernier, indiquant que l’institut n’avait pas enregistré un nombre pareil depuis des années. Dans une déclaration à l’APS lors d’une journée d’information sur «la propriété industrielle et intellectuelle», organisée par l’Institut en coopération avec le Bureau extérieur de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle en Algérie (WIPO), M. Belmahdi a précisé que l’institut a été destinataire de 210 demandes de brevets d’invention, déposées par des chercheurs et des universitaires algériens, mettant en avant «l’importance de ce nombre de demandes qui n’a pas été enregistré depuis des années» et qu’il a qualifié de «saut qualitatif». Ainsi, 43 demandes ont été déposées par les universités, les centres de recherche et les entreprises publiques et privées. M. Belmahdi a en outre fait état du dépôt en octobre de plus de 6500 demandes relatives aux marques commerciales, ce qui traduit, selon lui, «la dynamique économique et commerciale que connait le pays et l’orientation du Gouvernement vers l’encouragement de création des startup et des micro-entreprises et l’accompagnement des porteurs de projets innovants». Cette dynamique, ajoute-t-il, a amené les chercheurs et étudiants à se diriger vers l’INAPI en vue de protéger leurs innovations et idées. Le directeur général de l’INAPI a par ailleurs fait part de la création de 94 centres de soutien technologique et de créativité à travers le territoire national, au niveau des universités, des centres de recherche et des entreprises industrielles, afin de permettre davantage d’interaction entre le monde de l’économie (entreprise) et l’université (recherche). M. Belmahdi a souligné l’importance de la propriété industrielle et son rôle dans la protection des innovations, des réalisations et des droits d’innovateurs et de chercheurs, rappelant que la protection du brevet reste 20 ans selon la qualité de l’innovation. Après expiration de cette durée, cette innovation peut être exploitée à nouveau ou développée par toute personne ou entreprise, a-t-il expliqué. Certains brevets d’invention ne jouissent pas d’une longue durée de protection, faute de compétitivité, a-t-il fait savoir, soulignant que cette durée allait de 4 à 10 ans au maximum. Dans ce sillage, le DG de l’INAPI a rappelé les mesures prévues par les lois nationales et internationales permettant la levée des droits de la propriété industrielle si nécessaire, en cas de fabrication d’un vaccin fortement demandé, ou l’Etat pourrait exiger du propriétaire du brevet d’octroyer la licence d’exploitation à d’autres entreprises en contrepartie d’une indemnité financière, après des négociations avec le propriétaire. M. Belmahdi a évoqué également l’ouverture d’un débat au niveau de l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI)sur l’octroi des licences de fabrication du vaccin anti-covid sans prendre une décision finale. Pour sa part, le directeur du bureau extérieur de l’OMPI en Algérie, Ahmed Othman Mohamed Salek a fait un exposé sur l’activité de l’organisation, sa composition et sa contribution en matière de renforcement de la propriété intellectuelle et industrielle. L’OMPI est dotée d’une plateforme riche en information mise à la disposition des inventeurs. Elle dispose aussi d’un mécanisme d’arbitrage neutre pour la résolution des conflits sans saisir la justice, a-t-il mis en avant. Intervenant à l’occasion, Mme. Ayachia Nacira, DG de l’Office nationale des droits d’auteur et les droits voisins (ONDA), a soulevé le phénomène du plagiat des œuvres culturelles et artistiques, faisant état de 306 affaires devant la justice dans ce cadre. Mme. Ayachia a mis en avant les efforts des agents de l’Office qui s’attèlent à la récupération des œuvres contrefaites ou illicitement exploitées, insistant sur le rôle de la sensibilisation des jeunes aux dangers de la contrefaçon non déclarée qui est passible à la peine de prison. Elle a mis l’accent sur la numérisation qui préserve les œuvres artistiques. <