Synthèse PAR INES DALI
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a demandé l’adoption de six mesures pour aider les pays à se remettre du Covid-19 et à les maintenir sur la bonne voie vers les objectifs de développement durable (ODD). Cela signifie «un effort sans précédent pour mobiliser des ressources et une volonté politique mais, depuis le début de la pandémie il y a un an, il n’y a eu aucun élément de réponse multilatérale adéquat», a-t-il indiqué, lundi, lors de l’ouverture du Forum 2021 du Conseil économique et social sur le financement du développement. Soulignant que la pandémie a tué plus de 3 millions de personnes et près de 120 millions sont retombées dans l’extrême pauvreté, tandis que l’équivalent de 255 millions d’emplois à temps plein ont été perdus, il a noté que le monde a connu la pire récession en 90 ans et que la crise est loin d’être terminée, car la vitesse des infections augmente encore aujourd’hui.
Pour répondre au défi, le chef de l’ONU a demandé six mesures. Premièrement, «les vaccins doivent être disponibles pour tous les pays qui en ont besoin, pour «mettre un terme à la pandémie pour de bon, nous avons besoin d’un accès équitable aux vaccins pour tous, partout». La deuxième mesure a trait à la nécessité «d’inverser la baisse des financements concessionnels, y compris dans les pays à revenu intermédiaire». L’aide au développement est plus que jamais nécessaire, et «les donateurs et les institutions internationales» doivent se mobiliser. Troisièmement, il faut s’assurer que les fonds vont là où ils sont le plus nécessaires. Les derniers rapports indiquent qu’il y a eu une augmentation de 5.000 milliards de dollars de la richesse des plus riches du monde en 2020, d’où Guterres «exhorte les gouvernements à envisager une solidarité ou un impôt sur la fortune pour ceux qui en ont profité pendant la pandémie, afin de réduire les inégalités extrêmes».
La quatrième mesure relève la nécessité de faire face à la crise de la dette en «suspendant la dette, en allégeant et en fournissant des liquidités» aux pays qui en ont besoin. Le SG de l’ONU a demandé la prolongation de l’Initiative de suspension du service de la dette (DSSI) du G20 jusqu’en 2022 et l’élargissement de la DSSI et du Cadre commun pour le traitement de la dette du G20 pour inclure tous les pays dans le besoin, tels que les pays à revenu intermédiaire. Dans la cinquième mesure, Guterres note qu’i faut investir dans la ressource humaine à travers un nouveau contrat social basé sur la solidarité et les investissements dans l’éducation, les emplois décents et verts, la protection sociale… Enfin, il est nécessaire de relancer les économies de manière durable et équitable, conformément aux ODD et à l’Accord de Paris.